‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 296 sur 431 · SON LIVRE DÉFÉRÉ A LTNQÜISITION · texte numérisé non relu

SON LIVRE DÉFÉRÉ A LTNQÜISITION

Le meilleur médecin, dit-il, est celui qui raisonne le moins Il parait être en philosophie aussi fidèle à cet axiome que le père Canaye l’était en théologie * : cependant, malgré sa haine contre le raisonnement, on voit qp’il a fait de profondes méditations sur l’art de prolonger la vie. Premièrement, il convient avec tous les gens sensés, et c’est de quoi nous le félicitons, que nos pères vivaient huit à neuf cents ans...

On voit, par le compte que nous venons do rendre, que si ces lettres imaginaires étaientd’un président, elles ne pourraient être que d’un président do Bedlam, et qu’elles sont incontestablement, comme nous l’avons dit, d’un jeune homme qui s’est voulu parer du nom d'un sage respecté, comme on sait, dans toute l'Europo, et qui a consenti d’être déclaré grand homme »... Tout considéré, nous déférons à la sainte inquisition le livre imputé au président, et nous nous en rapportons aux lumières infaillibles de ce docte tribunal, auquel on sait que les médecins ont tant de foi.

Prenant acte de la dénonciation du docteur, le grand inquisiteur pour la foi, après avoir au préalable condamné et anathématisé les œuvres comprises dans l’in-quarto de l’inconnu, spécialement et particulièrement l'Essai de Cosmologie , enjoint pour les matières de physique, de mathématiques, de dynamique et de métaphysique, dont il n’entend pas le premier

1. La phrase de Mauperluts n'est pas complète ainsi ; Il dit : « Le meilleur médecin est celui qui raisonne le moins et qui observe le plus. > C'est encore là une petite trahison du docteur. Mais il n’a pas besoin, le plus souvent, de mentir et de fausser l’idée pour êlre plaisant.

2. < Point de raison; c’est la vraie religion cela, point de raison. » Saint-Évremont, Œuvres mêlées (Paris, Techener, 18GG), t. I, p. 45. Conversation du Maréchal d' Hocquincourt avec te P. Canaye.

3. Allusion à la Lettre <T un académicien de Berlin à un académicien de Paris, où Frédéric, à trois reprises, range Maiipertuis parmi les grands hommes. Mérian, dans sa Lettre à Euler, se contente de l’appeler < un homme illustre, s

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