‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 3 sur 431 · Marquis d’Argens, Mémoires (Paris, 1807), p. 19.r · texte numérisé non relu

Marquis d’Argens, Mémoires (Paris, 1807), p. 19.r

2, Dieudonné Thiéhauil, Souvenirs tle vingt ans (le séjour ù lia Un iüid.il. 1 S G 0) , I. lï, J». 37 5, 370.

D’AROENS AVOCAT.

d’Argens, qui y fait le récit de ses équipées avec une visible complaisance. 11 repartait du reste, six ou sept mois après, avec M. de Bonac que M. d'Andrezel était venu remplacer, et débarquait à Toulon au bout d’une traversée de vingt-sept jours, un peu soucieux sans doute sur ce que l’on déciderait de lui.

En effet, le procureur général au parlement d’Aix, qui n’avait pas vu sans chagrin son aîné renoncer aux traditions de la famille et laisser la magistrature pour les armes, le pressa tellement que d’Argens, dont les affaires étaient loin d’étre bonnes, dut se résigner à se faire recevoir avocat; et, peu de temps après, on lui achetait une charge, qui était un acheminement indispensable à celle qui lui reviendrait un jour. Il se mit résolument à l’œuvre et eut des succès au barreau, qui lui inspirèrent du goût pour son métier. La dissipation ne lui avait pas permis jusque-là de se livrer à des occupations sérieuses ; il se découvrit, avec un grand amour, une rare facilité pour les sciences. « Je résolus même de m’y adonner entièrement; romans, historiettes, tout fut banni de mon cabinet. Locke succéda à madame de Villedieu, Gassendi et Rohault à Clélie et à YAstrée; j’appris, pour me dissiper dans mes moments de loisir, la musique, et à peindre; et dans dix-huit mois de temps, je me rendis assez savant pour n’avoir plus besoin de maîtres de la province. J’ai depuis poussé la peinture beaucoup plus loin, et j’ai fait un voyage en Italie pour rn’y perfectionner le plus qu’il m’a été possible*. »

t. Marqui* d'Argen», Mémoires (Pari», 1807), p. 233, 234.

Page 1