‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 30 sur 431 · CHAT-HUANT · texte numérisé non relu

CHAT-HUANT

nées plus tard, Lorry aura tous les ridicules que Poinsinet donne à son Médecin du cercle. Mais La Mettrie est autrement dur envers Astruc, qu’il appelle Savantasse , et auquel il prête ce terrible aveu : « Je fais des livres avec d’autres livres, comme avec de l’argent on gagne de l’argent. Je n’imagine rien; je ne pense poiut; mais je sais ce que tous les autres ont pensé; je sais tout excepté la médecine1.» Le pamphet entier n’est qu’un chapelet d’invectives contre la Faculté, en général, et chacun de ses membres en particulier, car il ne fait guère d’exceptions. La Mettrie s’est donné à lui-même le nom de Chat-huant. 11 eût pu se dispenser, d’ailleurs, de ces frais d’invention, puisqu’à la lin du volume il place le véritable nom à côté du sobriquet. Ce petit livre n’est pas commun , il semble avoir échappé au dernier éditeur de l 'Homme machine , M. Assézat, et nous le signalons ici plutôt comme une curiosité bibliographique que comme une satire de quelque valeur. La Mettrie n’était pas seulement un gros garçon plein de gaieté; il avait le coup de marteau, cela soit dit à sa décharge. Il frappe à tort et à travers, comme les enfants, pour le plaisir de casser, et il ne s’épargnera pas lui-même. Il ne respectera ni lui ni les siens, et fera parfois d’étranges plaisanteries comme est celle-ci, entre mille : Pluton a prononcé un arrêt d'exil contre Chat-huant. « Vous devez être content, lui dit-il, votre femme2 ne vous suivra pas dans votre exil. C’est l’ordre que je donne. » Et Chat-huant de

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