‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 312 sur 431 · SAISIE DES EXEMPLAIRES · texte numérisé non relu

SAISIE DES EXEMPLAIRES

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Encore une fois, Thiébault n’était pas à Berlin lors de ces événements, et, s’y fût-il trouvé, pour être aussi particulièrement édifié, il eût fallu qu’il écoutât aux portes. Formey raconte également que le roi de Prusse reçut l’exemplaire avec bonté et pria instamment le poète d’anéantir totalement l’édition '. Quelque piquante que soit la petite scène que nous décrit le premier avec une complaisance tant soit peu verbeuse, nous nous voyons forcé de souffler sur tout cela et de substituer à cette broderie des détails moins plaisants mais plus exacts. Au lieu de rire, le roi devint furieux en apprenant (par tout autre que Voltaire) à quoi avait servi un privilège qu’il n’avait cru accorder qu’en faveur d’une réplique aux pieuses diatribes de Formey. Des ordres sont aussitôt donnés pour saisir les exemplaires. Mais Voltaire s’en était déjà nanti. Fredersdorff, le maître Jacques de Frédéric, tout à la fois son serviteur, son intendant, son valet de chambre, son grand maître d’hôtel, son grand échanson et son grand panetier *, chargé de l’enquête, se transporte chez l’imprimeur qui déclare par écrit que l’édition lui a été commandée par M. de Francheville. Puis il va chez l’auteur, s’efforce de lui démontrer les conséquences d’une pareille escapade

1. Formej, Souvenirs d'un Citoyen (Berlin, 1789), t. I, p. 269.

2. « Avant d'être le favori de Frédéric, il avait été fifre [pfeifer ) dans son régiment, quand il n'était encore que prince royal. Lorsque son maître était mécontent de lui, 11 le remettait dans son premier état. » (Note Urée des papiers du chevalier de La Touche.) Foisset, Voltaire et le président de Brosses (Didier, 1858). Supplément & la correspondance de Voltaire et de Frédéric, p. 21. — Baron de Bielfeid, Lettres familières, t. I, p. 75.

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