‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 313 sur 431 · VOLTAIRE ME TOUT · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ME TOUT

et le presse de lui remettre le libelle ; mais il ne lui est répondu que par des dénégations et des fauxfuyants. Francheville, interrogé à son tour, convient de . tout, et ses aveux ne font que confirmer les déclarations de l’imprimeur. C’est alors que le Salomon du Nord fulmine cette lettre bien connue :

Votre efronterie m'étone après ce que vous venez de faire, et qui est clair côme le jour. Vous persistez au lieu de vous avouer coupable. Ne vous imaginez pas que vous ferez croire que le noir est blang : quand on no voit pas, c’est qu'on ne veut pas tout voir; mais si vous poussiez l’affaire à bout, je ferai tout imprimer, et l'on verra que si vos ouvrages méritent qu'on vous élève des statues, votre conduite vous mériterait des chaînes.

L’éditeur est interrogé, il a tout déclaré *.

Voltaire répliquait aussitôt, au bas de la lettre même, par un billet fort court où il protestait, en dépit de tout, de son innocence et où il offrait sa tête.

Ah! mon Dieu, sire, dans l’état où je suis! je vous jure encor Bur ma vie à laquelle je renonce sans peine, que c’est une calomnie affreuse. Je vous conjure de faire confronter tous mes gens. Quoi! Vous me jugeriez sans entendre I Je demande justice et la mort.

Fredersdorff est de nouveau dépêché au poète, qui, sachant l’édition en sûreté, maintient son dire. Mais devant la déclaration signée de Francheville, qu’on lui exhiba, il n’était plus possible de persister dans ce système de dénégations, et le coupable essaya de

1. Foisset, Voltaire et le président de Brottes (Didier, 1858). Supplément à la correspondance de Voltaire et de Frédéric, p. 10, 11.

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