‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 316 sur 431 · APOSTILLE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

APOSTILLE DE VOLTAIRE

illustres » (qu’on ne nomme pas pourtant) , auxquels il devait s’obliger à rendre les égards qui leur étaient dus. 11 n’y avait pas à se méprendre, et Voltaire cite en toutes lettres le nom de Maupertuis, pour montrer qu’il a bien compris.

J'exécuteray, sire, tous les ordres de Votre Majesté, écrivaitil au bas de l'étrange document, et mon coeur n’aura pas de peine à luy obéir. Je la suplie encor une fois de considérer que jamais je n'ay écrit contre aucun gouvernement encor moins contre celuy sous lequel je suis né, et que je n’ay quitté que pour venir achever ma vie à vos pieds. J’ay été hisloriografe de France, et, en cette qualité, j’ay écrit l'histoire de Louis 14 et celle des campagnes de Louis 15, que j’ay envoiées à Mr Dargenson. Ma voix et ma plume ont été consacrées à ma patrie, comme elleslesontà vos ordres. Je vous conjure d'avoir la bonté d’examiner quel est le fonds de la querelle de Maupertuis; je vous conjure de croire que j’oublie celte querelle, puisque vous me l’ordonnez. Je me soumets sans doute à toutes vos volontez. Si Votre Majesté m’avait ordonné de ne me point deffendre et de ne point entrer dans cette dispute littéraire, je luy aurais obéi avec la même soumission. Je la supplie d’épargner un vieillard accablé de maladies et de douleur, et de croire que je mourrai aussi attaché à elle que le jour que je suis arrivé à sa cour ’.

Cela fait souvenir du billet de Ninon à La Châtre. Mais Frédéric voulait un gage, et il eut le tort de s'exagérer les garanties que lui offraient de pareilles protestations, moins consenties sans doute qu'arrachées. Il écrivait, le 10 décembre, à Maupertuis, dont l’état était digne de pitié, et qui, lui, n’était pas aussi pleinement rassuré sur les desseins de l’ennemi :

t. Preusi, Friedrich der Cross , mil scinen Verwandlrn und Freundcn (Berlin, 1838), p. !S8, 189; ce 27 de novembre 1752.

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