VAINES PRÉCAUTIONS
Ne vous embarrassez de rien mon cher Maupertuis, l’affaire des libelles est G nie, j'ai parlé si vray à l’hûme, je lui ai si fort lavé la léte que je crois pas qu'il y retourne... Je Fay intimidé du côté de la boursse ce qui a fait tout lefet que j’en atendais. Je lui ai déclaré enGn nettement que ma maisson devait être un sanctuaire et non une retraite de brigands ou de ccllerats distillent des poissons... à présent ne pensez qu’à vos poulmons, et ne sortez pas de votre chambre par le froid présent '.
Voltaire, sous le coup de la menace et de la colère du maître, pouvait promettre tout ce qu’on exigerait de lui ; mais n’était-ce pas lui demander l’impossible que de vouloir qu’il étouffât ces merveilleux enfants de sa colère qui, à l’heure même où Frédéric donnait au président les assurances les plus formelles, trottaient déjà vers la capitale de la Saxe, s’ils n’étaient pas depuis longtemps même arrivés à destination? Car nous soupçonnons (et cette hypothèse expliqueraitla presque simultanéité des éditions de Prusse et de Dresde) que la remise de la copie au libraire de Potsdain n’avait pas dû précéder de beaucoup l’envoi fait à Luzac*. Quoi qu’il en soit, la recherche et la saisie qui en avait été la suite n’avaient abouti qu’à un mince résultat; et
1. Cabinet de M. Feuillet de Couches, Lettres originales de Frédéric le Grand àMuupertuis, 1. 1, n® 76 ; du 10 décembre 1752.
2. Ces ligues de Frédéric à sa sœur ne font que corroborer cette supposition : « ... Le voilà qui imprime son Akakia ici, à Potsdam, en abusant d’une permission que j’avais donnée d’imprimer la Défense de milord Bohngbroke. Je l’apprends, je fais saisir l’édition, la jette dans le feu , et lui défends sévèrement de faire imprimer ce libelle ailleurs. A peine suis-je arrivé à Derlin que VAkakia y paraît et s’y débite ; sur quoi je le fais brûler par les mains du bourreau... » OEuvrts de Frédéric le Grand (Berlin , Preuss.), t. XXVII, p. 226, 227. Lettre de Frédéric à la margrave de Bayrou th ; Polsdam, ce 12 avril 1 753.