‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 320 sur 431 · ENVOI DES CENDRES A MÀUPERTU1S · texte numérisé non relu

ENVOI DES CENDRES A MÀUPERTU1S

se croit pas en droit d’y mettre du sien et d’apporter son contingent propre 1 2 3 ? c’est toutau moins douteux. Après l’exécution, le roi de Prusse se hâtait d’instruire le président de son Académie de ce qu’il venait de faire; dans l’impossibilité de supprimer cette diabolique satire qui courait déjà le monde et allait empoisonner l’Europe, il avait voulu donner au pauvre homme le seul soulagement qui fut en sa puissance. Maupertuis mandait à Moncrif : « Dimanche passé son libelle fut brûlé par la main du bourreau sous la potence et dans toutes les places publiques. Cette exécution beaucoup plus infamante encore qu’elle n’est en France, a été faite par ordre exprès du roi, au grand applaudissement de tous les honnêtes gens, et même de la place on vit arriver de toutes parts des gens en fiacre pour se chauffer à ce feu... Le roi m’écrivit le soir une lettre charmante et m’envoyoit pour poudre rafraîchissante les cendres de cette diatribe*... » La feuille officielle de Berlin dans son plus prochain numéro faisait mention de cet acte de rigueur, et disait en toutes lettres que cet infâme libelle était attribué à l’auteur de la Henriade *. Que demander déplus?

1. Dieudonné ThléDaull, Souvenin de vingt ans de séjour A Berlin (Didot, 1800), 1. Il, p. 344.

2. Laverdet, Catalogue d'autographes, du 24 avril 1862, p. 101, 102, u° 811. Lettre de Maupertuis à Monerif ; Berlin, 30 décembre

3. Bcrlinische privilegine Slaats und gelehrte Zeitung ( spatere vossische Zeitung ) im Jahr 1762. 166 Sluck Dleustag den 28 Dec. « dimanche, à midi, un pamphlet horrible, intitulé la Diatribe, etc., a été brûlé publiquement dans dilTérenls lieux par la main du bourreau. On dil que Mr. de Voltaire en est l'auteur... » — Gasette d’Utrecht, du mardi 2 janvier 1753 (p° I). Supplément. De Berlin,

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