‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 325 sur 431 · LE CHEVALIER DE LA TOUCHE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE LA TOUCHE

s’en charger près du Roi. Cela avait lieu, le I'r janvier, à trois heures et demie. Dès quatre heures, un fiacre s’arrêta devant la porte : c’était Fredersdorff, venant de la part de Sa Majesté rendre au poète la croix et la clef de chambellan. « Il y eut entre eux une longue conférence, nous dit Collini : j’étais dans la pièce voisine, et je compris à quelques exclamations que ce ne fut qu'après un débat très-vif que Voltaire se détermina à reprendre les présens qu’il avait renvoyés. » Ce dernier, sentant plus que jamais l’importance de se faire des appuis dans cette patrie qu’il était impa- •tient de rejoindre, s’était empressé de nouer des rapports affectueux avec le nouvel envoyé de France, le chevalier de La Touche, établi à Berlin depuis la fin de juillet 1 . Dans le complet isolement où devait le plonger la disgrâce royale, il n’était pas indifférent d’intéresser à sa cause un personnage officiel, qui pût au besoin prendre sa défense à Potsda m , et édifier son gouvernement, chose non moins utile pour Voltaire, dont la conduite et les dernières démarches ne manqueraient pas d’être interprétées à Paris de plus d’une façon. L’auteur de Mérope s’était jeté tout aussitôt dans les bras du chevalier ; il n’allait rien décider, rien faire sans ses avis et son octroi. Il lui rendait effectivement compte, le lendemain, de ce qui s’était passé et le suppliait de venir à son aide. « Il m’a envoyé Federsdorff à 4 heures me dire qu’il réparerait tout, et que je lui

I. Et non Rn de septembre, comme le suppose St. Foisset. « De Berlin, le Î7 Juillet. Le chevalier de La Touche, ministre de France, qui arriva ici hier de Hanovre, doit avoir incessamment audience du roi... » Gazelle d’Utrecht, du vendredi ♦ août 17S2 (n“ LXU).

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