INVITATION A SOUPER
écrivisse une autre lettre. Je lui ai écrit *, mais sans démentir la première, et je ne prendrai aucune résolution sans vos bontés et vos conseils 2. Comme j’ai eu l’honneur de vous prendre à témoin de mes sentiments dans une première lettre, et que le Roy sait que, selon mon devoir, je vous ai confié mes démarches, ce sera à vous à être arbitre : vous êtes actuellement un ministre de paix ; on la propose, dictez les conditions. Je ne peux sortir, je ne peux que vous renouveler ma respectueuse reconnaissance. On parle de souper; je ne peux être assez hardi, si vous n’y êtes pour me seconder. Moy souper * ! » Voltaire ne savait trop que faire.
1. Voltaire, OEuvrei complètes (Bouchot), U LVI, p. 266, 26Î. Lettre de Voltaire à Frédéric. • ... M.'Federsdorff, qui venait me consoler dans la disgrâce, m'a fait espérer que Votre Majesté daignerait écouter envers moi la bonté de son caractère, et qu’elle pourrait réparer par sa bienveillance, s'il est possible, l’opprobre dont elle m’a comblé... a
2. « ... Le lendemain, 2 janvier, lisons-nous dans une note manuscrite trouvée dans les papiers de M. de La Touche, destinée sans doute aux journeaux, le roi lui écrivait une lettre pleine de bonté, et M. de Voltaire, pénétré de respect et de reconnaissance, a persisté A supplier Sa Majesté de vouloir bien accepter sa démission entière et de lui conserver l’honneur de sa protection et de sa bienveillance, qu'il préférait A tous les biens et A tous les titres , lui alléguant que désormais il était Inutile à S. M. On Ignore encore si le roi de Prusse a accepté sa démission. « Foisset, Voltaire et le président de B roues. Supplément A la correspondance de Voltaire et de Frédéric, p. 22. Cette note, que nous n'avons retrouvée, en ces termes du moins, dans aucunes Gazelles, semblait poser une question, A laquelle allait répondre la note que le poète envoyait à Valther et que l’on rencontrera plus bas.
3. » Ce qui parattra encore plus singulier que la conduite de Voltaire, c’est que non-seulement le roi de Prusse n’a point voulu reprendre ses bienfaits, ni donner permission à Voltaire de s’en aller, mais qu’il lui a même fait dire qu’il vouloit lui parler et qu’il vînt souper avec lui. On pourrait croire qu’il n’j a plus rien d’ex-