LE PRÉSIDENT SE RAVISE
c'est dans ceux-ci ou dans celles-là que l’on peut découvrir le plus facilement la nature de l’âme.
5° Qu’au surplus, il consentait do grand cœur que tout le reste fût déclaré comme non avenu ; que les combattants des deux parties, sans exception, avouassent de bonne foi que chacun a été trop loin des deux côtés, et qu’ils auraient dû commencer par où le public Cnit, c’est-à-dire par rire.
L'Académie ne se sentait pas d’aise, le sanctuaire de la science n’allait donc plus retentir de clameurs et d’imprécations ! On s’apprêtait à entonner un Te Deum et à chanter une messe d’actions de grâces, dite par un jésuite assisté d’un diacre calviniste et d'un sousdiacre janséniste, quand M. le président se ravisa. «... Sur le point de signer et d’en remplir tous les articles, sa mélancolie et sa philocratie redoublèrent avec des symptômes violents. Il s’emporta contre son bon médecin Akakia, qui était alors malade lui-même dans la cité de Leipsick en Germanie, et lui écrivit une lettre fulminante, par laquelle il le menaçait de venir le tuer. » Jusqu'ici la plaisanterie, tout extrême qu’elle fût, avait gardé un certain niveau ; c’était en somme de la critique scientifique, philosophique, littéraire, voire grammaticale. Nous allons tomber dans la bouffonnerie et la charge, la bouffonnerie de M. de Pourceawjnac et du Bourgeois Gentilhomme. Maupertuis s’attirera par la plus ridicule jactance ces dernières gaietés, qui n’avaient nulle raison d’être, s’il se fût tenu en repos. Mais, comme on l’a dit plus haut, il soupçonnait qu'en s’arrêtant à Leipzig le poète avait plus d’un projet en tête et, sans amour-propre exagéré, il croyait entrer pour une part dans ses machinations. Les renseignements qui lui venaient de ce côté-là ne faisaient d’ailleurs que