‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 344 sur 431 · LETTRE DE MAUPERTUIS A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MAUPERTUIS A VOLTAIRE

confirmer ses appréhensions, et il ne douta plus des intentions de son impitoyable adversaire. A l’idée de voir poursuivre la terrible plaisanterie dont il avait été le seul à ne pas rire, il perdit toute judiciaire; il se souvint qu’il avait été officier de dragons, que son grand sabre devait être pendu à quelque endroit, et se dit qu’il y avait des moyens de réprimer et châtier les insolents. Il eût eu un ami véritable, que cet ami se fût opposé à l’acte de démence qu’il allait commettre. Mais Maupertuis n’avait que des obligés serviles, qui s’inclinaient devant sa volonté, et se fussent bien gardés de lui donner un conseil en contradiction avec la passion du moment. 11 put donc écrire tout à son aise, et sans rencontrer le moindre obstacle, la lettre furibonde que nous allons reproduire, et qui est datée du 3 avril.

Les gazettes disent que vous ôtes demeuré malade à Leipzig les nouvelles particulières assurent que vous n'y séjournez que pour faire imprimer de nouveaux libelles. Pour moi, je veux vous faire savoir des nouvelles certaines de mon état et de mes intentions.

Je n’ay jamais rien fait contre vous, rien écrit, rien dit; j’ay trouvé môme indigne de moi de répondre un mot à toute les impertinences que jusqu’ici vous avez répandues, et j’ay mieux aimé laisser courir des histoires de M.de La Baumelle, dont javois le désaveu de lui par écrit et cent autres faussetés quo vous avez débitées pour lâcher do colorer votre conduito à mon égard, que de soutenir une guerro aussi indécente ; la justice que m'a faite le roy de vos papiers écrits, ma maladie et le peu de cas que je fais de mes ouvrages, ont pu jusqu’ici justifier mon indolence.

t. Notamment la Gazelle d’ütrecht des3 etCavril 1753 (n°* XXVI I, XX VIII), et l.eipziger Zeitungen, du 28 mars 1753, p. 204.

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