‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 345 sur 431 · REQUÊTE DU DOCTEUR AKAKIA · texte numérisé non relu

REQUÊTE DU DOCTEUR AKAKIA

Mais s'il est vrav que votre dessein soit de m’attaquer encore et de m’attaquer, comme vous l’avez déjà fait, par des personnalités, je vous déclare qu’au lieu de vous répondre par des écrits, ma santé est assez bonne pour vous trouver partout où vous serez et pour tirer de vous la vengeance la plus complète.

Rendez grâce au respect et à l'obéissance qui ont jusqu’icy retenu mon bras, et qui vous ont sauvé de la plus malheureuse aventure qui vous soit encore arrivée.

Voltaire, qui a reproduit, dans le recueil de Y Akakia, une partie de ce dernier paragraphe, en a retranché le dernier membre de phrase, qui semblait rappeler des aventures dont le souvenir n’avait en effet pour lui rien de souriant. 11 termine, en revanche, le fragment par un : a Tremblez ! » de son invention ; ce qu’il est de stricte loyauté de signaler, bien que l’on regrette que ce ne soitqu’un apport étranger, tautee « tremblez!» finit heureusement cette ridicule fanfaronnade. Qu’espérait Maupertuis? Voltaire passait pour poltron, et la perspective d’une affaire eût pu brider sa verve, quelque quinze ans plus tôt ; mais à cinquante-neuf ans qu’il avait, y avait-il apparence de l’attirer sur le pré ? Ces menaces de rodomont ne pouvaient avoir d’autre effet que de mettre en gaieté le malin vieillard, et de provoquer une succession de plaisanteries qui, pour n’être pas des plus attiques, n’en atteignirent pas moins leur but. Le bon docteur, dans son épouvante, implore aide et soutien de l’Université de Leipzig, par une requête qui rappelle les causes grasses de nos vieux tribunaux, et quil faut bien joindre au reste.

Le docteur Akakia, réfugié dans l’Oniversité de Leipsick, où il a cherché un asile contre les attentats d’un Lapon natif de Saint-Malo, qui veut absolument le venir assassiner dans

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