AMABILITÉ DE VOLTAIRE POUR GOTTSCHED
dit-elle '... » C’est d’Argens, qui écrit cela et qui exagère probablement cette animadversion d’une femme d’esprit, qui, toute rancune tenante, aura traduit beaucoup d’ouvrages français, les Réflexions sur les femmes, de la marquise de Lambert, et la Zaïre , de Voltaire, entre autres. En tous cas, ce dernier avait particulièrement droit à sa bienveiljance, et parce qu’il lui donnait dans \e Supplément au Siècle de Louis XI V (qui s’imprimaità l’heure même à Dresde), pleine satisfaction sur ses anciens griefs, en maltraitant le père Bouhours2, et parce qu’il était l’auteur de VAkakia et qu’il associait galamment, dans le Traité de paix , son docte mari aux Copernic, aux WolfF, aux Haller. Mais madame Gottsched n’était pas alors à Leipzig, et il partit sans lui avoir été présenté, comme cela résulte d’une lettre adressée de Gotha à son époux : « Je devrais y retourner pour vous remercier et pour avoir l’honneur de voir madame Gottsched, que je ne connais que par sa grande réputation*.
Frédéric, qui ne laissait pas d’ôtre préoccupé de ce que pouvait faire son ancien chambellan, ne le perdait
1. Nouveaux Mémoires pour servir à V histoire de l'esprit et du cœur, par le marquis d’Arpens et mademoiselle Cochois (la Haye, 1745), 1. 1, p. 218. Quel est ce mauvais poème, dont il est ici question? Nous pendions à croire que madame Gottsched entend parler du quatrième Discours sur l'homme, où Maupertuis est, en effet, exalté, ainsi que ses aventureux compagnons. Voir la première version, celle de 17 37 ; car la version définitive, on s’en doute, a du notablement cliauger de ton. Voltaire. OEuvres complètes (Beuchot),