‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 352 sur 431 · DÉPART ANNONCÉ A L’AVANCE · texte numérisé non relu

DÉPART ANNONCÉ A L’AVANCE

le caractère à l’esprit, ne demandant à ceux dont il s’entourait que d’être propres «à toutes fins et de l’amuser, quelles que fussent d’ailleurs leurs mœurs et leur probité Des lieux communs de morale débités en passant ou lorsqu’on est colère, ne sauraient, en aucun cas, tenir la place de principes exacts et d’un e ligne de conduite arrêtée et inflexible.

Non-seulement Maupertuis était autorisé à faire de la lettre du roi tout l’emploi qui lui conviendrait, mais il entrait dans les plans de Frédéric que sa très-peu aimable épître courût le monde; et comme, quelle que fût la bonne volonté de l’illustre président, elle eût fait trop lentement son chemin par son canal, il s’y prit de manière à lui procurer une tout autre publicité. Pour que l’on ne conçut le moindre espoir de le retenir, le poète, n’avait trouvé rien de mieux que d’entretenir le public de ses projets de départ. Un jour, c’était un correspondant de Berlin, qui écrivait à la Gazette dUtrecht : « On confirme que M. de Voltaire sollicite la permission de se retirer de cette cour 2. » Une autre fois, l’on s’étendait sur les instances réitérées de l’auteur de la Henriade , qui avait finalement remis à Sa Majesté la croix de son ordre, le brevet de sa charge

1. Frédéric écrivait & la margrave, dans une autre circonstance : • Si vous êtes curieuse de nouvelles , je vous apprendrai que Voltaire s'est conduit comme un méchant fou , qu’il a attaqué cruellement Maupertuis, et qu’il a fait tant de Friponneries que, sans Bon esprit, qui me séduit encore, j’aurais en honneur été obligé de le mettre dehors. » OEuvret de Frédéric le Grand (Berlin, Preuss.), t. XXVII, p. 204, 205. Lettre de Frédéric à la margrave; ce 29. M. Preuss indique le mois de décembre 1751. C'est 1 7 52 qu'il faut lire.

2. Gazette tTUtrechl , du mardi 27 mars 1753 (n“ XXV), de Berlin, le 20 mars.

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