‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 354 sur 431 · LETTRE RESPECTUEUSE · texte numérisé non relu

LETTRE RESPECTUEUSE

\iction , ne parait pas se douter que le coup vint ■directement du roi. Sous l’impression de surprise et d'indignation qu’a dû lui causer une noirceur de cette nature, il écrit au Salomon du Nord une épttre des plus respectueuses, comme s’il eût été toujours à Berlin ou à Potsdam. « Sire, ce que j’ai vu dans les gazettes est-il croyable ? On abuse du nom de Votre Majesté pour empoisonner les derniers jours d’une vie que je vous ai consacrée. Quoi 1 on m’accuse d’avoir avancé que Kœnig écrivait contre vos ouvrages? Ah! sire, il en est aussi incapable que moi'... » Cette lettre on s’attend qu’il la fera insérer dans les feuilles mêmes d’où était partie l’attaque ; c’était son droit, peut-être même son devoir. Il n’en fit rien ; il se contenta de l’adressera la margrave de Bayreuth, aux bons soins de laquelle il s’en remettait pour la faire parvenir au roi. Mais quand elle venait aux mains du terrible philosophe de Sans-Souci, qu’elle eût peut-être apaisé, depuis quelques jours déjà courait sur la route de Leipzig une épltre où le fiel et l’invective affluaient. Frédéric était persuadé que Voltaire avait les plus mauvais desseins : on avait vendu dans Berlin la Défeiise de M auper tuis, les É loges de Jordan et de La Mettrie, auxquels avait été ajouté un quatrain de ses vers parodiés, et il croyait avoir les meilleures raisons de ne pas douter que le trait ne partit de son ancien chambellan. La même accusation est répétée, deux

1. Voltaire, OEuvres complues [ îîeuchot ) , t. LV1, p. Î99. Lettre de Voltaire II Frédéric. Celte lettre , qui ne put être écrite avant le 70 avril, dut donc l’être de la cour de Gotha, où nous allons voir le poêle s’arrêter près d'un mois.

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