‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 370 sur 431 · FREYTAG · texte numérisé non relu

FREYTAG

et que tout aura été recouvré, il faudra l’emballer avec soin et me l'expédier à Potsdam. En cas où il ferait difficulté de se dessaisir des dits objets à l'amiable, il sera menacé d’arrestation et si cela ne suffisait pas, il devra être arrêté effectivement, et l'on devra s’emparer de tout sans complément, mais le laisser passer ensuite.

Potsdam, le H avril 1753.

Ce ne fut que le 19 que cet ordre parvint à Freytag, qu’il jeta dans un trouble notable. 11 ne pouvait être douteux que Sa Majesté n’attachât une importance considérable au bon succès d’une mission qui semblait hérissée de difficultés et d’écueils. Le résident allait avoir à faire à rude partie ; on le prévenait de l’habileté, de la rouerie du poète, et il était perdu s’il se laissait duper par ce fin renard. Il avait, tout aussitôt, communiqué les ordres du roi à celui qui était destiné à l’aider dans cette très-délicate aventure et aussi à en assumer sa part de responsabilité. 11 n’y avait pas de temps à perdre; un mémoire, écrit par Freytag et adressé au conseiller Schmid, donnerala mesure de la haute prévoyance, de l’imagination féconde, et des étonnantes ressources de l’honnête résident. Ainsi, des instructions devaient être envoyées aux commis de la porte de la Toussaint et de celle de Friedberg, afin de surveiller l’approche de l’ennemi. Ceux-ci ne devaient passe borner à s’enquérir du lieu où il allait descendre, ils auraient encore à dépêcher un exempt derrière la voiture pour s’assurer s’il était réellement descendu à l’hôtel indiqué. Un exempt spécial, auquel le commis de l’octroi promettrait vingt kreutzer, serait détaché pour prévenir, en toute diligence, le conseiller aulique ;

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