IL A TOUT PRÉVU
promesse encore d’un ducat à ce dernier, pro discretione. Les questions pourraient mettre Voltaire en défiance : il fallait donc, ajoute Freytag en habile homme, trouver un prétexte pour les motiver ; tel, par exemple, qu’un paquet à lui remettre. Le commis de l’octroi ne négligerait pas davantage de fournir la liste de tous les Français débarquant avec un certain équipage, précaution indispensable, dans la supposition où le poëte se fût avisé de changer de nom. Ces mesures n’étaient sans doute applicables que pour Francfort; le résident Freytag, qui songeait à tout, jugea qu’il serait bon que le conseiller Schmid envoyât à Friedberg un homme de confiauce, qui s’installerait à la maison de poste, jusqu’à l’arrivée de Voltaire, et dont on rémunérerait les services, un thaler par jour, «comme je vais en faire autant pour Hanau. » Ces savanles et habiles instructions se terminaient par les recommandations suivantes.
Il y aurait à envoyer tous les jours, de mon côté et du vôtre, quelques espions dans les principaux hôtels demandant un certain gentilhomme français nommé Maynvillar ; on leur répondra, à coup sûr, négativement; et l'on ajoutera : nous avons bien un Français, mais il se nomme Voltaire ; et de celte manière nous l’apprendrons sans lo demander.
Je vais secrètement donner l'instruction à mon porteur de lettres, qui m’est très-dévoué, de faire bien attention si des lettres à sa destination sont déjà arrivées, et chez qui elles ont été adressées, etc.
M. le conseiller voudra bien ajouter ses propres idées à ce mémoire et me le retourner. Mon homme pour Hanau part aujourd'hui.
Mais qu’ajouter? Tout n’est-il pas prévu, combiné, machiné de façon à ce que, malgré son astuce, l’objet