LES VILLES LIBRES D'ALLEMAONE
Mais tel était le sort de ces villes libres, sans force, sans indépendance véritable, n’ayant de réel que leurs franchises commerciales, et qui sentaient que le moindre conflit pouvait décider de leur existence. L’exemple de l’évêque de Trêves parlait assez haut pour que l’ou se montrât d’une extrême condescendance envers les requêtes d’un prince habituée à tout se permettre et à tout oser. L’on gardait les apparences, l’on ne cédait pas à une injonction mais à une supplique gracieuse ; et, dans tout cela, il n’y avait qu’un poëte de sacrifié aux exigences et aux caprices de l’arbitraire. Madame Denis ne pouvait donc rien gagner à démontrer au bourgmestre l’iniquité d’une telle violence, et il était tout naturel que, pour se débarrasser de sou argumentation pressante, il la clouât dans une chambre de l’hôtel où elle était descendue ; et c’est ce qui explique pourquoi elle n’était pas accourue auprès de son oncle. Cette mesure, du reste, n’était que provisoire, et l’on trouva plus commode de les tenir tous trois sous la même clef. Doru, le redoutable Dorn, se transporte à l’auberge du Lion d'Or avec sa troupe qu’il laisse au bas de l’escalier, pénètre chez madame Denis, à laquelle il dit qu’il vient la chercher pour la mener près de son oncle , et lui offre le bras jusqu’à la porte de l’auberge, où, à son grand effroi, elle se voit livrée à trois soldats qui l’entourent et l’entraînent, à travers la foule, à l’hôtel du Bouc. Au moins espérait-elle retrouver Voltaire. Mais sans doute jugea-t-ou peu sûr de réunir ces dangereux conspirateurs, et elle fut reléguée dans un galetas meublé d’un petit lit où « ses quatre soldats, avec la