SIGNIFICATION DE FREYTAG
sa nièce la nécessité d’en sortir à tout prix. Aussi, dès le lendemain matin, madame Denis adressait au roi la supplique qu’on va lire, bien entendu sous la dictée de son oncle, qui vide son cœur et son sac avec toute la surabondance du ressentiment le plus amer. Elle terminait par ces détails qui eussent été forts de choses, comme le disait La Motte de ses vers, si les faits n’eussent pas été un peu grossis.
Aujourd’hui 21, le sieur Freytag vient nous signifier que notre emprisonnement doit nous coûter 128 écuset 40 creutzers par jour', et il apporte à mon oncle un écrit à signer par lequel mon oncle doit se taire sur tout ce qui est arrivé ( ce sont ses propres mots) et auouer que les billets du sieur Freytag n'étaient que des billets de consolation et d’amitié qui ne tiraient ]>as à conséquence.
Il nous fait espérer qu’il nous ôtera notre garde. Voilà l’état où nous sommes le 21 juin, à deux heures de l’après midi.
Si madame Denis écrivait cela au roi de Prusse , Voltaire, auquel la peur faisait perdre tout sang-froid, adressait à son géôlier l’étrange lettre qu’on va lire. Elle est d’un suppliant bien humble; et nous no la reproduisons pas sans ce serrement de cœur qui prend tout âme généreuse en présence d’une de ces défaillances dont les esprits supérieurs, à ce qu’il paraît, ne sont pas plus exempts que le commun des hommes.
1. « Elle évalue les frais, dit Freytag, à 122 thalers par Jour, tandis qu’ils ne inonlent. comme je l’ai déjà mentionné, qu’à 1 90 florins. a Ce sera, en tous cas, Voltaire qui payera les frais de son séjour forcé à Francfort, tout comme sf son caprice et son plaisir l’y eussent seuls retenu tout ce temps. Mais Frédéric l’entendra hien ainsi ; s’il ordonne de restituer au poete ce qui lui appartient, c’est après défalcation des dépenses auxquelles aura donné lieu sa captivité.