‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 420 sur 431 · SCEPTICISME OUTRAGEANT DE*FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

SCEPTICISME OUTRAGEANT DE*FRÉDÉRIC

gêné, alarmé. Ses affaires, les petites comme les grandes, il prétendait les faire lui même. Il entrait dans tous les détails, dépouillait sa correspondance et n’entendait se décharger sur personne du moindre soin. De prime abord, on s'étonne, l’on admire qu’un homme suffise à tout. Puis, à la réflexion, on se dit que cette lâche est au-dessus des forces d’un seul homme, s’appelât-il Frédéric; et l’on est obligé de convenir du vice d’un pareil système. F.tait-ce zèle ou défiance, chez Frédéric? C’était l’un et l’autre; car, s’il ne reculait pas devant le travail le plus ingrat et le plus aride, son peu d’estime de l’humanité le faisait incliner vers un scepticisme outrageant et injuste à l’égard de ceux auxquels il eût pu se livrer avec le plus de sûreté. Les subalternes l'inquiétaient moins, et il s’en reposa sur eux de préférence à des personnages mieux préparés, ce semble, à se tirer des grandes affaires avec honneur. Bielfeld nous vante, dès 1739, la politesse, la finesse, la souplesse de Frédersdorff auquel il prédit une haute fortune ‘. Un simple fifre de régiment n’arrive pas sans réunir quelques-unes de ces qualités. Mais, répétons-le, dans toute cette aventure de Francfort, ce fut encore lui qui commit le plus de fautes; et Freytag et Schmid, mieux édifiés, mieux renseignés, n’eussent pas amoncelé maladresses sur maladresses. Qu’importe, après tout? Voltaire aura été victime "d’un malentendu ; il est relâché, il est parti, Dieu le conduise! Oui, il est parti, le cœur

1. Baron de lilelfcd , Lettres particulières (la Hâve, 1763), t. 1, p. 75. Lettre VIII; à Rhiiuberg, le 30 d'octobre 1739.

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