‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 44 sur 431 · CHEVALERIE MYSTÉRIEUSE · texte numérisé non relu

CHEVALERIE MYSTÉRIEUSE

est celle du preux des preux : « Sans peur et sans reproche. » Par une modestie, dont il faut reconnaître le bon goût, Frédéric n’avait voulu être qu’un simple initié. Il avait affilié au nouvel ordre ses deux frères Guillaume et Henri de Prusse, ainsi que le duo de Brunswick - Bevern. Parmi ceux des membres qui n’étaient pas sortis du sang des dieux, figuraient Keiserling et Chasot. Là, chacun avait son nom mystique, et, dans le chapitre, Frédéric n’était plus Frédéric, c’était h constant, Fouqué s’appelait le chaste, un troisième prenait le surnom de sobre, un quatrième celui de gaillard, et ainsi de tous. Les lettres que chaque initié s’adressait, portaient l’empreinte d'un cachet sur lequel était gravée cette légende : « Vivent les Sans-Quartier1 2 ! » On regrette de n’avoir pas plus de détails. Cet essai de chevalerie, si peu qu’on en sache, n’aide pas médiocrement à expliquer ce Frédéric des premières années si différent de ce qu’il sera plus tard, ardent, généreux, donnant du front dans tout ce qui offre une apparence de grandeur, et qui, au risque d’attirer sur sa tête le plus violent orage, se faisait recevoir maçon, dans une mauvaise auberge, durant la foire de Brunswick 'l.

Quoi qu’il en soit, Chasot jouissait de l’estime, de l’amitié, de la confiance du prince royal, et il vivait au jour le jour, sans situation officielle, mais après

1. Rlnre de Itury, Le chevalier de Chasot (Mlrliol Lévy, 1862), p. -H!, 37. — Thomas Campbell , Frederick tlie gréai, Itis court and limes (Loiulon, 181-1), vol. i. p. 283, 284.

2. Itaron de itielfeld. Lettres familières (la Haye, MOI), t. I, p. 26, 27. Lettre IV; i Brunswick, le 24 d'août 1738.

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