PRÉSENTÉ A LOUIS XIV
à son protégé un accueil si bienveillant que les courtisans s’en émurent.
Plusieurs seigneurs, qui avoient vu à Versailles de qucllo façon le roi avoiteu la bonté do me recevoir, s'empressèrent de me faire honnêteté. M. le duc de I).... (Duras), premier gentilhomme de la chambre, eut pour moi des attentions qu’il me serait difficile d'oublier. J'avois fait la connaissance de ce seigneur à Versailles; il m'avoit abordé avec toute la politesse possible, dans la grande gallerie, le lendemain que j’avois été présenté à S. M., et il m’avoit dit que je devois être content de l’accueil que le roi m’avoit fait et encore plus de ce qu’il avoit dit lorsque je me fus retiré, que de tous les étrangers qui lui avoient été présentés, personno ne l’avoit salué do meilleure grâce et d’un air moins embarrassé, que le Margrave d'Anspach et moi. Ce même duc me proposa d’entrer au service de France, et me promit même de me faire recevoir colonel, si je voulois me fairo catholique. Je le remerciai des offres obligeantes qu’il . me faisoit, et je l’assurai que l’intérêt ne me ferait jamais changer de religion. J'étois encore rempli des préjugés des protestans contre les catholiques...
Le baron ne devait, plus tard, que trop secouer ces préjugés gothiques. Ses voyages à Paris sont innombrables. Il y vient pour ses plaisirs, pour se mettre dans les mains de La Péronie, et parce qu’aussi Paris était le lieu où les gens gênés dans leurs affaires trouvaient encore le mieux à vivre. Nous l’y voyons, au commencement de la Régence, faisant sa cour au duc d’Orléans, comptant beaucoup sur la protection de Madame, et menant une existence dissipée, fort peu en rapport avec ses revenus. 11 tombe malade, est pris de la jaunisse et se voit à deux doigts de la mort. L'abbé
1. baron do Pollnilz,.YotiiT«tix m6moirei, (Francfort, 1738), t. I, p. 223.