SE FAIT CATHOLIQUE
d’Asfeld entame alors sa conversion, et rencontre en lui un homme des mieux disposé et se disant, comme le grand Henri, que Paris valait bien une messe. L’abbé, toutefois, qui se sentait peut-être au-dessous d’une telle besogne, en laissa le fardeau au père Denis, un carme déchaussé, dont le triomphe fut complet.
Quelques conférences avec le bon père achevèrent ce que l'abbé d ’Asfeld avoit commencé, de façon que peu de tems après je fis publiquement ma profession foi entre les mains du P. Denis, dans l'église de son couvent, en présence d’un nombre infini de personnes de qualité. M. le marquis d 'Asfeld et l’abbé son frère me servirent de témoins, et signèrent comme moi ma profession de foi. La cérémonie finie, je fus assailli de toutes parts d'embrassades de la part de quantité de personnes, dont les trois quarts m'étoient inconnues, mais qui par zèle de religion voulurent me faire connoitrc la joie qu'ils avoienl de me voir reçu dans le sein de l’Église... *.
Cette détermination fut, comme cela se conçoit, tout autrement envisagée en Allemagne. Une bonne âme écrivait à Madame que son changement de religion n'avait rien qui dût surprendre, et que c’était une cérémonie qu’il avait déjà faite deux ou trois fois. Pollnitz se dit au-dessus de ces propos. On le calomniait, soit ; mais, en tous cas, l’on n’outrait point le chiffre des apostasies dont il donna dans la suite à ses contemporains Tassez peu édifiant spectacle.
Ce ne fut donc pas à Rome, ainsi que le dit Thiébault, qu’eut lieu son abjuration. Il est vrai qu’il y fit un voyage et qu’il est bien permis de croire q ue l’espoir
I. Baron de l’ollnilz, Nouveaux Mémoires (Francfort, 1738), t. I, p. 338.