‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 80 sur 431 · LA COMÉDIE CHEZ LES PRINCES · texte numérisé non relu

LA COMÉDIE CHEZ LES PRINCES

Après Rome sauvée c’était Jules César; c’était ensuite Zaïre qui faisait verser des pleurs à Berlin aussi bien qu'à Paris, et dont l’exécution comblait de joie son auteur enivré. « Nous jouâmes hier Zaïre. Monseigneur le prince Henri se surpassa, monseigneur le prince royal prononça très-distinctement1, monseigneur le prince Ferdinand adoucit sa voix, madame la princesse Amélie eut de la tendresse, et la reine fut enchantée2. » 11 arrive bien de temps à autre que l’on sorte pour un peu de son répertoire. L’on s’attaque à Andromaque , et le poêle pardonne celte infidélité en faveur de Racine, son idole. « La princesse Amélie, mande-t-il à sa nièce, encore à propos de cette représentation, était Zaïre, et moi, le bonhomme Lusignan. Notre princesse joue bien mieux llermione; aussi est-ce un plus beau rôle. Madame Tyrconnell s’est très-honnêtement tirée d’Audromaque. il n’y a guère d’actrices qui aient de plus beaux yeux3... » Mais c’est tout autre chose, quand ou le quitte pour d’Arnaud, et même pour Gresset. « Monseigneur le prince Henri, écrit-il à la margrave de Buyreuth, joua hier Sydney ,

R. I i 3 . — Galerie de l'ancienne cour ou Hentoircs-Anecdoles pour servir u l’Histoire des rt'ijnes de Louis XIY et de Louis XV (deuxième édition, 1789), t. IV, p. 70, 71.

1. Auguste Guillaume. « Il jouoit lui-même, nous dil Rielfeld, qui sans doute exagère un peu, les grands râles comiques, avec un art et un naturel qui enlevoit tous les sufTrages. » Lettres familières, (la Haye, 1763), t. II, p. 408, 409. Lellrc XCY1 ; à Hambourg, le l juillet 1758.

2. llevite fraitfaise (t'r novembre 1865), t. XII, p. 340. Lettre de Voltaire à la margrave de Uayreulli ; à Berlin, le 6 janvier 1751.

3. Voltaire , Œuvres complétés (Ueiirhol), t. LV, p. 542. Lellre de Voltaire à madame Denis; Berlin, le 12 janvier 1751.

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