‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 92 sur 431 · ATTITUDE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE VOLTAIRE

d’Arnaud, qui ne manque ni d’amis, ni de partisans, ni d’admirateurs, ne laisse pas d’irriter sa libre si sensible. On le lui sacrifie, mais cela n’a pas lieu de l’assentiment unanime. La famille royale témoignait à l’auteur du Mauvais Riche une amitié qui survécut à sa disgrâce; et l’on a retrouvé d’aimables lettres à lui adressées, bien des années après, par les princes Ferdinand et Henri de Prusse *. Voltaire, sans doute, était un hôte trop illustre pour qu’on ne se le disputât point, et il se prêtait de la meilleure grâce à un aussi flatteur empressement. Mais cet engouement avait ses écueils, et lui conquérait autant d’ennemis prêts à saper une aveur dont on ne jouissait pas d’ailleurs avec une humilité de chrétien, s’il faut en croire les commérages d’un homme que nous surprendrons plus d’une fois en flagrant délit d’exagération et de malveillance.

Pendant les hivers que V. passoit au château, nous dit Formey, on lui faisoitla cour comme à un favori déclaré. Princes maréchaux, ministres d’État, ministres étrangers, seigneursdu plus haut rang alloient à son audience ; et ils étoient reçus avec

donc pas mon Mahomet aaseï grand? s’écrie le potile. — Vous tous trompes, mon digne ami, repartit M. de Valori , qui était présent, Il faut qu’il soit des plus grands, puisque voilà Maupertuis qui le toise. » Mais Valori quittait Berlin au mois d'avril 1750 pour n’y revenir qu’en mars 1766, et ne se trouva point en Prusse durant le séjour de deux ans et demi qu’v fit Voltaire. Donc, si l’anccdole est vraie, ce petit incidcnl ne dut avoir lieu qu’au premier voyage de Berlin. Valori, Mmoires (Paris, 1820), i. I, p. 32, 42, 72.

1, Charavay ainé, Catalogne d'autograplies,du lundi 3 février 1868 (Cabinet du docteur Michelin, de Provins), p. 7, n"*70, 71. Lettres de Ferdinand de Prusse à Barulard, Ruppin, 22 avril I 673 ; du même au même, Friedrichsilld , 18 septembre 1773 et 8 juillet 1776. — P. 0, n°’ 96, 97. Lellres du prince Henri de Prusse; Rheinsberg, 27 octobre 1766 el 7 février 1 767 ; Rheinsberg et Berlin, 1767 el 1769.

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