‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 12 sur 342 · QUERELLES D'AMANTS · texte numérisé non relu

QUERELLES D'AMANTS

au danger qu*en sautant par la fenêtre de Thôtel de la Ville de Paris^ rue des Frères, où ils étaient descendus. Mais Frédéric ne l'aurait pas entendu ainsi : soit malice, soit égards pour la princesse sa parente, il prétendit que celui-ci demeurât auprès de sa souveraine qu'il dut ramener à Stuttgard, quand elle songea à prendre congé du roi. Notez que le roi était alors à Olmûtz et témoignait ses regrets de ne pas se trouver à Berlin *. Remarquons, en outre, que la duchesse, à laquelle les occasions n'avaient pas dû manquer, s'y prenait un peu tard pour forcer son chambellan ; mais, si nous devons ranger cela au rang des contes, il y a quelque chose de réel sous ce faux. Il est à croire que le marquis était, pour ses péchés, plus avancé qu'on ne le suppose ici. Un beau jour, une dispute éclate entre eux, on se querelle, on se sépare ; un raccommodement a lieu sans dissiper toute amertume. D'Argens se met à écrire une comédie sur r Embarras de la cour ^ à laquelle la princesse riposte par une épigramme de huit vers ^. Il eût bien voulu profiter de cela pour ne pas retourner à Stuttgard, mais Frédéric (et c'est la seule chose vraie de l'anecdote racontée par Thiébault), exigea que le chambellan fît sa paix et reprît ses fonctions auprès de sa maîtresse, quitte à revenir ensuite en Prusse, a 11 partit, il y a trois jours, mandait Jordan au roi, en jurant contre les bienséances qui lui font

1. OEuvres de Frédéric le Grand (Berlin, Preuss.), t. XIX, p. 3, 4. LeUre de Frédéric à d'Argens; Olmulz, 31 janvier 1742.

2. Ibid,, l, XVII, p. 179. Lellre de Jordan à Frédéric; Berlin, UaTrU 1742.

3. Ibid.y t. XVII, p. 203. Letlre de Jordan à Frédéric ; Berlin, 8 mai 1742»

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