‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 146 sur 342 · J2 L'ORTHOGRAPHE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

J2 L'ORTHOGRAPHE DE VOLTAIRE

soudre à Tattribuer, bien qu'il soit tout aussi difficile d'admettre que cela se soit fait sans son concours, puisque l'ouvrage s'imprimait à sa porte. Cette, étrangeté disparaissait, après tout, dans les éditions subséquentes, qui, toutefois, ne devaient pas donner satisfaction sur l'autre point à lord Chesterfield. C'est au Siècle de Louis XIV qu'il faut faire remonter l'application définitive de ce qu'on est convenu d'appeler l'orthographe de Voltaire *. L'auteur de Mérope avait toujours été blessé de cette incohérence entre la manière d'écrire et celle de prononcer; incohérence aussi grotesque qu'illogique dans notre poésie surtout, où la rime donnait à toutinstant un démenti à l'orthographe. Dans son intimité, force était de se soumettre à une réforme qui lui paraissait dictée par le simple bon sens, et toute étourderie, tout oubli à cet égard étaient relevés vertement à Cirey. Madame de Grafigny mandait à son ami Devaux, en 1738 : « Elle parle (la marquise du Châtelet) extrêmement vite, et comme je parle quand jefais la Française. Tu vois que je corrige ce mot-là ; ce serait un solécisme ici de l'écrire autrement*. » Mais, deux ans auparavant, on lisait dans l'Avertissement de Zaïre, de l'édition de 1736 : « On a \miprimé français par un a, et on en usera ainsi dans la nouvelle édition de la Benriade^. Il faut en tout se conformer à l'usage, et écrire autant qu'on peut comme on prononce ; il serait ridi-

1. Collînî, Von séjour auprès de Voltaire (Paris, 1807), p. 31.

2. Madame de Grafigny, Vie privée de Voltaire et de madame du Chûtelei ipariè, 1820), p. 4.

3. Il n'existe aucune édition de la Benriade, jusqu'au Siècle de uh JJVj avec Ja nouvelle orthographe*

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