‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 147 sur 342 · MOTIFS QU'ON LDI PRÊTE · texte numérisé non relu

MOTIFS QU'ON LDI PRÊTE

cule de dîre en vers les François et les Anglois^ puisque en prose tout le monde prononce française ïi II ne se lassera pas de soutenir cette thèse en toute occurrence et à tout propos, et s'eflForcera de gagner à sa cause les Pères de l'Église, de la langue et de la grammaire. c< Ne serais-je point, dit-il à l'abbé d'Olivet, un de ces téméraires que vous accusez de vouloir chan ger l'orthographe ? J'avoue qu'étant très-dévoué à saint François, j'ai voulu le distinguer des Français ; j'avoue que j'écris Danois et Anglais : il m'a toujours semblé qu'on doit écrire comme on parle, pourvu que l'on ne choque pas trop l'usage, pourvu que l'on conserve les lettres qui font sentir l'étymologie et la vraie signification du mot^. »

Pourquoi cette ardeur, cette passion de réforme ? Charles Nodier, qui aime peu Voltaire, n'est pas en peine d'en dénicher la cause, a Cette orthographe a, en effet, dit-il, l'incontestable avantage de vieillir notablement les anciennes éditions de Racine et de Corneille, et de frapper d'avance leurs éditions à venir, si l'on ose en faire, du ridicule d'une orthographe surannée^. » Cette orthographe, après tout, n'est pas de Voltaire. L'année même de la naissance d'Arouet, René Milleran publiait une grammaire où, entre autres principes, cette nouveauté semble figurer^; mais il n'eut pas

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