SÉJOUR A TORNÉA
nons le détail du costume. Lorsque Maupertuîs revint en France, il se fît peindre accoutré do la sorte, et dans un traîneau tiré par des rennes. Quant aux lappmudes, la plaisanterie de Voltaire les a rendues impérissables'. Il avait fallu interrompre les observations et se renfermer dans les habitations. Que faire loin de la patrie, sous ce terrible ciel, en un pays dénué de tout, où Ton pouvait mourird'ennui aussi bien que de froid? Mais si les sujets de gaieté n'étaient pas communs, Ton était préparé à prendre tout en plaisanteries. M. Herbelot ayant hasardé une promenade en bateau, avait failli se noyer. « Comme il n'avoit eu d'autre niai que la peur, nous dit l'abbé Outhier, nous ne fîmes que rire de son aventure. Nous nous amusions ici de tout, et cette gaï<.'té nous soutenoit. » M. Camus était chargé de la caisse de drogues et de médicaments ; il passa bien vite dans le pays pour un médecin célèbre. Il recevait un jour une dépêche d'une demoiselle, qui lui demandait des remèdes, ce II répondit avec tant de gravité, qu'il guérit sûrement cette demoiselle, s'il n'étoit besoin pour cela que de frapper Timagination. Ces petites aventures, ajoute l'abbé, réveillaient la gaieté que nous conservions toujours au milieu de nos occupations. » Le Français s'acclimate partout, il porte partout ses mœurs et ses habitudes. Nos voyageurs avaient transformé Tornéa, où ils avaient dû chercher un abri. Le lieutenant-colonel, le curé, et quelques notables leur avaient fait le meilleur accueil, ce Ils étoient aimables et avaient de l'esprit. Du reste, notre union
f. Voltaire, OEuvres complètes ^ewOctfiVVV.yXXlX, ç. 503.