COMPARAISON RIDICULE
exquis ^ En effet, l'auteur de Zaïre ne pérorait ni d« dissertait, c*était un causeur, le causeur par exceU lence, éblouissant la galerie, ce qui était son droit; mais trop homme du monde pour ne pas laisser h l'esprit de chacun sa part de soleil. Ce reproche pourra, dans une certaine mesure lui être adressé à Ferney; alors Téloignement de la bonne société et la complir cité de pèlerins enthousiastes, la renommée, Tàge aussi, Tauront habitué à se considérer comme une sorte d'idole, de fétiche qu'on ne saurait trop aduler, ne fût-ce qu'en expiation des outrages et des avanies dont il était incessamment abreuvé. Mais opposer l'esprit de Maupertuis à l'esprit de Voltaire, dans la conversation comme ailleurs, c'est se moquer du lec^teur, c'est porter un défi à son bon sens, à son jugement, à ce qu'il sait de l'un et de l'autre. Thiébault, sans passion s'il a ses préférences, dit au contraire : « M. de Maupertuis, je le répète, avait de l'esprit, et il en avait beaucoup, quoiqu'il en eût bien moins que Voltaire.,. » Et il ajoute r « Si Maupertuis avait eu un orgueil moins fier, moins exclusif, moins indomptable, il aurait eu de justes ménagements pour l'homme su^ périeur qui venait s'accoler à lui : ils auraient été heureux^ s'ils avaient su être amis; mais l'un était trop despote, et l'autre trop peu endurant. Maupertuis voulut dominer : Voltaire l'écrasa ^, »
Cette phrase nous amène naturellement à cet instant
]. Prince de Ligne, Leitretet Peméet (Paris), 1809, p. 7, LeUre au roi de Pologne, pendant l'année 1785.
*l, Dieudonné Thiébault, Souvenirs de vingi anM df géjour ù Berlin (Didot, 1860), t. Il, p. 372, 373,