‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 229 sur 342 · BXPÉRIBNCBS SUR LES CRIMINELS · texte numérisé non relu

BXPÉRIBNCBS SUR LES CRIMINELS

jouerait la comédie qu'en latin? «La jeunesse qui vieildroit de bien des pays de l'Europe dans cette ville, y apprendroitdans un an plus de latin qu'elle n'en apprend en cinq ou six ans dans les collèges ^ » Il y a là tout un article sur les médecins, qui n'était pas de nature à les gagner et qui ne sera pas le thème le moins fécond à la plaisanterie impitoyable de Voltaire. Mais ce qui dépasse toute idée, c'est ce paragraphe relatif à l'utilité qu'on pourrait tirer du supplice des criminels et aux expériences auxquelles ils devraient être soumis pour le grand profit de l'humanité.

Je verrois volontiers la vie des criminels servir à ces opérations^ quelque peu qu'il y eût d'espérance d'y réussir : mais je croirois môme qu'on pourroit sans scrupules l'exposer pour des connaissances d'une utilité plus éloignée. Peut-être feroit-on bien des découvertes sur cette merveilleuse union de Tâme et du corps, si l'on osoit en aller chercher les liens dans le cerveau d'un homme vivant. Qu'on ne se laisse point émouvoir par l'air de cruauté qu'on pourroit croire trouver ici ; un homme n'est rien, comparé à l'espèce humaine ; un criminel est encore moins que rien *.

« Disséquer des cerveaux vivants, s'écrie avec une indignation trop explicable un écrivain de notre temps, pour prendre la pensée sur le fait, cela passe encore la barbarie de ces rois d'Egypte qui livraient au scalpel les criminels condamnés à mort, afin que la médecine pût mieux observer sur le vif le mouvement interne des organes et le jeu des nerfs'. Cette froide et

1. Maupertuis, OEÙvres {Lyon, 1868), t. II, p. 396, 899. Lettre iur le progrès des sciences.

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