INDIFFÉRENCE DÉDAIGNEUSE
plus au public qu'à Euler. Il avait à démentir certains bruits qui ne lui faisaient point honneur. On prétendait qu'il avait écrit à la gouvernante des Provinces- Unies et à la cour de Brunswick, pour 6ter au bibliothécaire de la princesse tous moyens de se justifier ^ Il s'était borné à prier S. A. R. de le mettre désormais à couvert des attaques de Kœnig et d'imposer silence à ce dernier sur ce qui pouvait le toucher ^ C'était déjà trop ; et l'on a mauvaise grâce (cela soit à l'adresse de Voltaire comme de Maupertuis) d'user de son crédit pour éteindre la voix d'un homme sur la tête duquel on a provoqué une enquête et un arrêt.
En somme, toutes ces attaques touchent peu Maupertuis : la lettre de Leibnitz, fût-elle aussi réelle qu'elle est incontestablement fabriquée, <( j'aurai toujours l'avantage, riposte-t-il, de m'ôtre servi plus heureusement que lui d'un instrument qu'il avait sous la main, comme je l'ai déjà dit dans la préface de ma Cosmolo^ gie. » A la bonne heure ! et notre président envisagerait tout cela comme ne le considérant point, sans une « accusation odieuse » qu'il n'avait pas le droit d'accueillir par un dédaigneux silence :
Je suis dans une assez parfaite indifférence sur la découverte du principe de la moindre quantité d'action, ou sur l'usage que j'en ai fait. Je ne suis pas plus ému des termes indécens dont se sert M. Koenig. Je ne serois pas si tranquille sur un autre article de son Appel, s'il avoit le moindre fondement. 11
t. Lettre de M, le marquis de L"** JV*** à la marquise A*** G*** sur le procès intenté par M. de Maupertuis contre M. Kœnig [Londres* 1752), p. 38.
2. Lettres concernant le jugement de l'Académie^ p. 28, 29. Lettre de M. de Maupertuis à M. Euleré