SON LIVRE DÉFÉRÉ A L'INQUISITION
Le meilleur médecin, dit-il, est celui qui raisonne le moins ^ Il paraît ôtre en philosophie aussi fidèle à cet axiome que le père Canaye l'était en théologie * : cependant, malgré sa haine contre le raisonnement, on voit qu'il a fait de profondes méditations sur Tartde prolonger la vie. Premièrement, il convient avec tous les gens sensés, et c'est de quoi nous le félicitons, que nos pères vivaient huit à neuf cents ans...
On voit, par le compte que nous venons de rendre, que si ces lettres imaginaires étaientd'un présidentielles ne pourraient ôtre que d'un président de Bedlam, et qu'elles sont incontestablement, comme nous Tavons dit, d'un jeune homme qui s'esl voulu parer du nom d'un sage respecté, comme on sali, dans toute l'Europe, et qui a consenti d'être déclaré grand homme 3... Tout considéré, nous déférons à la sainte inquisition le livre imputé au président, et nous nous en rapportons aux lumières infaillibles de ce docte tribunal, auquel on sait que les médecins ont tant de foi.
Prenant acte de la dénonciation du docteur, le grand inquisiteur pour la foi, après avoir au préalable condamné et anathématisé les œuvres comprises dans rin-quarto de l'inconnu, spécialement et particulière* ment VEssai de Cosmologie^ enjoint pour les matières de physique, de mathématiques, de dynamique et de métaphysique, dont il n'entend pas le premier
1 . La phrase de Mauperliils n'est pas complète ainsi ; il dit : er La meilleur médecin est celui qui raisonne le moins et qui obsenre le plus. » C'est encore là une petite traiiison du docteur. Mais il n'a pas besoin, le plus souvent, de mentir et de fausser l'idée pour êtreplai* sant.
2. « Point de raison; c'est la vraie religion cela, point de raison. » Saint-Évremonl, Œuvres mêlées (Paris, Tecliener, 1866), t. I, p. 45. Conversation du Maréchal d'Uocquincourl avec le P. Cq' naye,
3. Allusion à la Lettre d'un Académicien de Berlin à un académicien de Parisy où Frt'déric, à trois reprises, range Maupertuis parmi les grands iiommes. Merlan, dtit\s sa Lettre à Euler, se contente de l'ap-
peJer a un homme illustre. »'