‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 243 sur 342 · JUGEMENT DES PROFESSEURS DE LA SAPISKGB · texte numérisé non relu

JUGEMENT DES PROFESSEURS DE LA SAPISKGB

mot a selon Tusage, d aux révérends professeurs de philosophie du collège de la Sapience, d'examiner les œuvres et les lettres du jeune inconnu, et de lui en rendre un compte fidèle. Suivent le jugement des professeurs et l'examen des Lettres. Ces deux pièces, la dernière surtout, sont des modèles de verve, d'infatigable raillerie et de suprême insolence. On ne peut aller plus loin, sans sortir des extrêmes limites concé* dées au genre, et dire avec plus de malice, de légèreté et d'à-propos, les énormités qui s'accumulent sous cette plume infernale.

1<> Il faut d'abord, déclarent les docteurs de la Sapience, que le jeune auteur apprenne que la prévoyance ^ n'est poii^t appelée dans Tbomme prévisio?i; que ce mot prévision est uniquement consacré à la connaissance par laquelle Dieu voit l'avenir. Il est bon qu'il sache la force des termes avant de 80 mettre à écrire. 11 faut qu'il sache que l'âme ne s'aperçoit point elle-même : elle voit des objets et ne se voit pas; c'est \ï sa condition. Le jeune écrivain peut aisément réformer ces pe^ tites erreurs.

2° Il est faux que a la mémoire nous fasse plus perdre que gagner'.)) Le candidat doit apprendre que la mémoire est la faculté de retenir des idées, et que sans cette faculté on ne pourrait pas seulement faire un mauvais livre, ni môme presque rien connaître, ni se conduire sur rien, qu'on serait absolument imbécile : il faut que ce jeune homme cultive sa mémoire.

3° Mous sommes obligés de déclarer ridicule cette idée * que (( rame est comme un corps qui se remet dans son état ai^rès avoir été agité^ et qu'ainsi l'âme revient à son état de conten-

1. Mauperiois, Œuvres (L}on, 1768), t. II, p. 222. Lettre If, Sur le souvenir et la prévision.

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