‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 244 sur 342 · DE L'ÉTENDUE ET DE LA PIERRE PHILOSOPHALB · texte numérisé non relu

DE L'ÉTENDUE ET DE LA PIERRE PHILOSOPHALB

tement ou de détresse, qui est son état naturel. » Le candidat s'est mal exprime. Il voulait dire apparemment que chacun revient à son caractère ; qu'un homme, par exemple, après s*ôtre efforcé de faire le philosophe, revient aux petitesses ordinaires, etc. Mais des vérités si triviales ne doivent pas être redites : c'est le défaut de la jeunesse de croire que des choses communes peuvent recevoir un caractère de nouveauté par des expressions obscures.

4» Le candidat se trompe quand il dit que retendue n'est qu'une perception < de notre âme. S'il fait jamais de boDoes études, il verra que l'étendue n'est pas comme le son et les couleurs qui n'existent que dans nos sensations, comme le sait tout écolier.

5» A l'égard de la nation allemande, qu'il vilipende * et qu'il traite d'imbécile en termes équivalents, cela nous parait ingrat et injuste ; ce n'est pas tout de se tromper, il faut être poli : il se peut faire que le candidat ait cru inventer quelque chose après Leibnitz ; mais nous dirons à ce jeune homme que ce' n'est pas lui qui a inventé la poudre.

6<>Nous craignons que l'auteur n'inspire à ses camarades quelques petites tentations de chercher la pierre philosophale : a car, dit-il, sous quelque aspect qu'on la considère, on ne peut en prouver l'impossibilité >. » Il est vrai qu'il avoue qu'il y a de la folie à employer son bien à la chercher; mais comme, en parlant de la somme du bonheur, il dit qu'on ne peut démontrer la religion chrétienne, et que cependant bien des gens la suivent, il se pourrait, à plus forte raison, que quelques personnes se ruinassent à la recherche du grand œuvre, puisqu'il est possible, selon lui, de le trouver.

7^ Nous passons plusieurs choses qui fatigueraient la patience du lecteur et l'intelligence de M. Pinquisiteur; mais nous croyons qu'il sera fort surpris d'apprendre que le jeune étudiant * veuille absolument disséquer des cerveaux de géants hauts de douze pieds, et des hommes velus portant queue, pour sonder la nature de l'intelligence humaine; qu'avec de l'opium et des

1. Maupertuis, OEuvres (Lyon, 1758), t. II, p. 232. Lettre lY, Sur la manière dont nous apercevons.

2. Ibid, , t. 11, p. 258, 259, 260. Lettre VII, Sur les systèmes.

3. Ibid.f t. II, p. 349, Lettre XX, Sur la pierre philosophale,

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