‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 272 sur 342 · RENVOI DU CORDON ET DE LA CLEF D'OR · texte numérisé non relu

RENVOI DU CORDON ET DE LA CLEF D'OR

Frédéric n'y tenait plus; il avait faim, il avait soif de Voltaire, et son impatience s'augmentait des prétextes que prenait celui-ci pour ne pas sortir de chez lui. Il invite enfin le coupable pardonné à retourner à Potsdani avec lui, le 30 janvier, jour de son départ de Berlin. Le procédé était trop significatif pour n'être pas divulgué, et Tauteur de la Henriade n'aura garde de ne point l'apprendre à toute la terre, u Si vous écrivez à Paris et à Versailles, insinue-t-il au chevalier de la Touche, le 27 du même mois, je vous prie de vouloir bien mander cette nouvelle pour détruire les faux bruits qui y courent.... » Il ne négligera pas pour sa part de raconter fort au long à ses amis de France les moindres incidents de ce retour de faveur. Il l'annonce à madame Denis; mais madame Denis est sa nièce. Il l'annonce au marquis de Thibouville, une des trompettes de sa gloire à Paris ^ ; il l'annonce à M. de La Virotte. a Je lui ai renvoyé, mande-t-il à celui-ci, son cordon, sa clef d'or, ornements très-peu convenables à un philosophe, et que je ne porte presque jamais. Je lui ai remis tout ce qu'il me doit de mes pensions. Il a eu la bonté de me rendre tout, et de m'inviter à le suivre à Potsdam, où il me donne dans sa maison le même appartement que j'ai toujours occupé. J'ignore si ma santé, qui est plus déplorable que mon aventure, oie permettra de suivre Sa Majesté ^. » Mais cela ne lui suffit pas; c'est là une

1. Voltaire, OEuvres complètes (Beuchot), t. LVI, p. 272, 273. LeUre de Voltaire au marquis de Thibouville; ce 28 (janvier 1753).

2. Ihid,, t. LVI, p. 275. Lettre de Voltaire à M, de La Virolle; Berlin, le 28 janvier 1753.

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