DÉTERMINATION DÉSESPÉRÉE
dame Denis demeurera à FraDcfort avec les malles et attendra à Thôtel du Lion d'Or Tissue d'une entreprise très-légitime, quoi qu'on dise, rinexécution des promesses qui lui avaient été faites le déliant d'une parole qu'il n'avait entendu donner, lui au moins, que jusqu'à l'arrivée du ballot de Leipzig '. Collini était chargé d'arrêter une voiture et de disposer tout pour la uite.
Le début fut heureux : ils purent se glisser hors de l'hôtel sans être aperçus (ils le croyaient du moins), et parvenir jusqu'au carrosse de louage, suivis d'un domestique chargé de leur mince bagage, qui se composait de valises et d'une cassette où étaient logés les manuscrits et l'argent du poète.
Ce fui vers trois heures de raprès-midi, dit Freytag dans son rapport, le mercredi 20 courant^ que Tespion posté par moi au Lion (TOr, le logement de Voltaire, m'apporta hors d'haleine la nouvelle qu'il s'était enfui. Par malheur, ni mon secrétaire ni aucun domestique ne se trouvaient là. Dans cette extrémité, j'eus recours à tout mon voisinage, j'envoyai per posto des messagers sur les trois routes principales de Hanau, de Friedberg et de Mayence ; je m'habillai à la hâte, et je m'élançai comme un coureur au Lion (fOr; j'appris là que Voltaire, vêtu d'un costume de velours noir, s'était dirigé vers l'hôtel de la Couronne de rEmpire, et y avait arrêté une chaise de retour de Mayence, dans laquelle il était parti. Le chancelier électoral de
1. « Le 20 (juin), le sieur de Voltaire , en Tertu des conventions veut aller aux bains de Yisbad, n'ayant pas la force de se transporter si loin que Plombières. Il laisse tous ses effets à Francrort, et sa nièce doit les faire emballer et le .suivre. » Œuores complètes ( Beoçhot] , t. LVI, p. 336. Journal de ce qui $' est passé à FrancJort-sur-le^Mein, Les eaux de Wisbaden sont également indiquées comme cause ou prétexte du départ de Voltaire dans la Gazette d*Utrechi^ du mardi iuiilet 1753 (n^LUlV SuvvV^Qi«ut.