‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 324 sur 342 · LA CORNE DE BOUC · texte numérisé non relu

LA CORNE DE BOUC

Dorn qui fut chargé de ce soiu. Ils furent conduits à la Corne deBouc^ un hôtel, dit Freytag, une mauvaise gargotte, dit Collini, en tous cas une prison, où ils étaient attendus par un bas officier à la tête de douze soldats. Voltaire fut interné dans une chambre en compagnie de trois soldats, la baïonnette au bout du fusil. Collini, qui lui fut ôté , fut gardé de même. M. Yarnhagen, s'en reposant invariablement sur le récit du Prussien Freytag, fait remarquer, à propos du récit du secrétaire italien, que l'entraînement du narrateur a sensiblement grossi le nombre des soldats ^ Qu'on les réduise au chiflfre avoué par M. le conseiller de guerre, il ne laissera pas d'être encore fort honnête : le rapport officiel en retranche un sur trois, restent deux factionnaires pour Voltaire, deux factionnaires pour Collini ! Donnons à M. Yarnhagen acte de la différence, et gardons notre sérieux, si nous pouvons. Le cri d'indignation de Collini, trop en situation ici pour n'avoir pas son éloquence, nous y aidera.

Et c'est à Francfort, dans unti ville qualifiée h'ôr^, que Ton insulta Voltaire, que l'on viola le droit sacré des gens, que Ton oublia des formalités qui eussent été observées à l'égard d*un voleur de grands chemins. Celte ville permit que l'on m'arrêtât, moi étranger à cette affaire, contre qui il n'existait aucun ordre, que l'on me volât mon argent, et que je fusse gardé à vue comme un malfaiteur. Dussé-je vivre des siècles je n'oublierai jamais ces atrocités *.

1. Varnbagen von Ense, Denkwurdigkeiten und vermischie Sckriften (Leipzig, 1859), t. VIH, p. 238.

Collini, Mon séjour auprès de \o\ta\Te^%s\^, \%<\'l\^^. 83*

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