‹ Voltaire et le président de BrossesChapitre 25 sur 44 · AU PRÉSIDENT DE RUFFEY · texte numérisé non relu

AU PRÉSIDENT DE RUFFEY

M. RIcliard de Ruffey ( Germain-Gilles ) , né à Dijon le 6 octobre 1706, étudia sous les Jésuites au collège Louis-le -Grand. D'abord élu du Roi à la chambre des Élus généraux des Etats de Bourgogne , puis Président en la chambre des comptes de Dijon en 1 ^35 , il se retira de cette compagnie avec le titre de président honoraire en 1757.

Il s'était lié avec A'^oltaire aux eaux de Plombières en 3^54î et depuis il ne cessa de correspondre avec lui jusqu'en 1778, c'est-à-dire jusqu'à la dernière année de la vie de l'auteur de la Henriade»

Le Président de Ruffey était aussi en relations épistolaires fort suivies avec nombre de gens de lettres contemporains et surtout avecBuffon. L'Académie de Dijon, fondée en 1 740 ? mais singulièrement languissante durant vingt années, lui dutcomme une seconde naissance lorsqu'en 1760 , il fit entrer dans cette compagnie la plupart des littérateurs qui s'assemblaient chaque semaine à l'hôtel de Ruffey. 11 s'occupa fort activement dès-lors de tout ce qui pouvait donner quelque retentissement et quelque éclat à cette société littéraire , et fit bâtir à ses frais la serre du jardin botanique dont l'avait dotée Legouz de Gerland.

On cite un trait plus honorable encore du désintéressement de M. de Ruffey. Institué l'héritier d'un de ses cousins, conseiller au Parlement de Bourgogne , il remit spontanément celte succession ( d'une valeur de plus de JOOjOOoH") au frère du défunt.

Le Président de Ruffey est mort le j 8 septembre 1 794 ^ cinq mois après son fils aîné , Président au Parlement de Dijon, tombé sous la hache révolutionnaire le 10 avril précédent.

A Lyon, le 25 novembre 1754»

J'ai reçu, Monsieur, de nouvelles preuves de voire mérite et de votre aniilië. Vous augmentez les regrets que je sens d'avoir séjourné si peu à Dijon '. Ma nièce et moi nous avons plus d'un remerciement à vous faire. Oserais-je vous supplier d'ajouter à vos hontes celle de "Vouloir bien assurer M. le premier président de La Marche de mes tendres respects quand vous

' En allant de Colmar à Lyon , à la rencontre du maréclial de Riclielieu. Yoltaire fit ce trajet du 10 au 20 novembre.

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le reverrez. Recevez les iniens y)onr vous, et soyez persuadé du véritable altaclienient d'un voyageur malade que le cliaugeuienl de cliiiiaL ne peut guérir, et dans qui ce changement ne peut altérer lessentimens avec lesquels il sera toujours ,

Monsieur, etc.

Au château de Prangin , 7 janvier lySS,

près de Nyou , pays de V'aud.

Voire prose, Monsieur, est aussi obligeante que vos vers sont agréables. On ne peut élre plus sensibles que nous le sommes , ma nièce et moi , à vos bontés. Vous avez été témoin , à Colmar et à Piond)ières , du cruel état de ma santé 5 elle est devenue encore plus mauvaise. Tous les médecins de Lyon m'avaient conseillé les bains d'Aix en Savoie; mais les médecins de Genève ont voulu absolument que j'attendisse une saison plus favorable; je ne connais qu'une belle saison, Monsieur : ce serait celle qui me rapprocherait de vous et de M. de La Marche.

A M. DE RUrFEY. ZoJ

Je passerai cet liivcr avec ma garde-malade dans un uès-maonifique clialau vis-à-vis Ripaille^; nous sommes bien loin de faire ripaille, et encore plus loin de la pa|)auté qu'attrapa le duc hermile Amédée ^. Je suis condamné à la solitude et au ré<^ime par des maux intolérables qui m'empêchent de vous écrire de ma main. Oonservez-moi votre amitié , et recevez les tendres sentimens de la reconnaissance et de l'atlacliement avec lesquels je serai toute ma vie, Monsieur,

Votre très- humble et très- obéissant serviteur,

A Prangin, au pays de Vaud y 16 février 1755.

Il est vrai, Monsieur, quej'ailoué pour quelque temps une des plus jolies campagnesdu monde

* Maison de plaisance des ducs de Savoie.

* Amé ou Amédée YllI , premier duc de Savoie, se fit liermite à Ripaille près de Thonon en i434î ^^ ^^^ proclamé Pape sous le nom de Félix Y j mais il abdiqua bientôti

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auprès de Genève. Je ne sais si j'en aurais pu trouver une aussi agrèableauprès de Rome. Mais je n'ai choisi celle campagne, qu'en qualité de malade , el parce qu'elle m'approche du médeci u en qui madame Denis dit que je dois avoir confiance. Celle maison est sur le chemin des bains d'Aix en Savoye , où l'on veut me conduire. J'aimerais bien mieux aller à Dijon , jouir de voire amilié el élre témoin de tous les avanta<res que M. de la Marche^ procure à la ville et ai-x lettres. Si ma santé peut devenir tolérable, je vous assure que je viendrai à Dijon passer une partie de l'hiver. Je suis tendrement attaché à M. de la Marche depuis mon enfance : ce serait une grande consolation pour moi de le voir encore avant de mourir; mais je crains bien de n'avoir plus la force de faire des voyages.

Je vous dois, monsieur, les bontés de M™^ la baronne de Donop^; elle m*a fait déjà l'honneur de m'écrire pour m 'offrir ses bons offices. Tout le pays où. je suis s'est empressé à me

* Voir l'avant-propos des lettres adressées à ce magistrat, ci-dessus page 2.52.

* Delà famille Turretin, une des plus considérables de Genève. Elle était femme d'un Résident étranger.

A M. DE RUFFEY. SoO

donner les marquesles plus loucha nies de bonne volonté 5 mes maladies m'empêchent d'en profiler, mais elles me laissent un cœur bien sensible aux alternions dont vous m'honorez.

Je vous prie de vouloir bien présenter mes re^spectsà M. le premier président de la Marche. J'ai l'honneur d'être avec toute la reconnaissance possible, et avec les sentimens les plus lendres elles plus respectueux, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Aux Délices , près de Genève, le 4 avril 1755,

Nous avons eu. Monsieur, celui qui a fait vos plaisirs à Dijon ^ . Il m*afait presque oublier

* Lekain. On assure qu'ayant risqué à Dijon , où il séjourna trois semaines, une intonation nouvelle dans un de ses rôles, il lut sifflé, et remercia le puLlic de la leçon. Il joua dans trois pièces du théâtre de Voltaire, savoir le rôle d'Hérode dans Marianne , celui de Zamore dans Alzire f et dans Zaïre celui d'Orosmane.

3lO LETTRES DE VOLTAIRE

mes maux. Les vieux maglslrals de Genève sont venus Tententlre dans ma relraUe, el la séveiilë de Calvin a cédé au plaisir; c'en serait un bien grand pour moi de vous voir ici , car je désespère de pouvoir venir à Dijon celle année. Accablé de maladies et d'ouvriers , je suis continuellement occupé à me faire un assez joli tombeau ; mais j'ai bien peur qu'il ne soil trop long à faire. On n'a point ici les mêmes secours qu'en France; on exécute mal et lentemenl. Je vous su j»plie, Monsieur, de permettre que je présente ici à M. le premier président de la Marcbe, les assurances de ma tendre et respectueuse amitié. C'est avec ces sentimens que j'ai riionneur d'être,

Monsieur , etc.

Aux Délices, près de Genève, le 23 août lySS.

Il est vrai, Monsieur jque mon corps a fait un effort en se transportant àGex,et mon âme en a fait un autre en barbouillant une tragédie cbinoise. Je ne donne plus que des magols. Yoilà comme

A M, DE RUFFEY. 3ll

on finit 5 mais que voulez-vous qu'on fasse quand on se trouve entre des médecins et des apolicaircs, des montagnes et des fripons? Votre intendant^ m'a paru tout aussi aimable qu'à vous. Si mon goût décidait de mes marches, je viendrais bien vile profil ter des bontés de M. de la Marche, de celles de M. de la Valette , et surtout des vôtres. Mais je suis hors d'état de voyager. Il faut que je m'en tienne à mes montagnes et à mon lac. Je me souviendrai toujours de vous dans ma solitude , où j'oublie tout le reste du monde de tout mon cœur. Comptezsur mes sentimens et jamais sur mes coraplimens.

A Monrion , 6 février i'/56.

Je suis doublement flatté, Monsieur^ les vers que vous daignez m'adi'csser sont les meilleurs que j'aie jamais vude vous. Vous voyez que ce sont

* M. Joly de Fleiu'y de la Valette , frère de l'avocatgénéral et intendant de Bourgogne de i 749 ii 1 7^1 .

les obstacles qui font les succès, et que c'est souventcl'un terrain ingratqu'on lire le meilleur parti. Si ma déplorable santé me l'avait permis, j'aurais eu la satisfaction d'entendre ces vers de votre bouche. M. Le Bault me mettra peut-être en état de faire le voyage, s'il continue à me faire avoir un aussi bon cordial que son vin. Permettez-moi de lui présenter ici mes respects aussi bien qu'à M"^^ Le Bault.

L'histoire de la guerre de 1741 9 dont vous me parlez, est une rapsodie misérable, tirée d'une partie de mes manuscrits qu'on m'a volés. Tout y est tronqué et estropié. Cette prétendue histoire ne va que jusqu'à la bataille de Fontenoy. H y a quelques années qu'on me vole ainsi mon bien , et qu'on le dénature pour le vendre. On met sous mon nom des ouvrages que je ne connais pas 5 on défigure ceux que j'ai faits. 11 faut prendre patience. H y a de plus grands maux dans le monde sur terre et sur mer. J'ai l'honneur d'être, avec tous les senlimens nue je vous dois.

Vofre très humble et très obéissant serviteur,

A M. DE RUFFEY. 3l

YII.

Aux Délices près de Genève, la avril lySS.

En revenant, Monsieur, à mon petit bermitage qu'on nomme les Délices , je reçois presqu'à la fois votre lettre et votre présent. M. Tronchin, qui me faisait vivre, m*a abandonné pour aller inoculer des princes ; vous réparez le tort que me fait son absence en daignant m'envoyer du vin de Bourgogne, qui vaudra mieux pour mot que tous ses remèdes.

Il ne me manque, Monsieur,que d'avoir Thonneurde boire ce vin avec vous. J'ai aussi des vignes, maisce sont des vignes plus bérétiques qu'à Genève :ellessontmauditesdeDieuetderEglise.

Ma retraite est d'ailleurs aussi agréable qu'elle puisse l'être 5 je m'y attacbe tous les jours, et je sens que je ne pourrai la quitter qnc pour venir vous remercier de vos boules. Ce que vous me mandez de la santé de M. de la Marclie me pénètre de douleur : c'est le plus ancien ami qui me resle 5 la mort m'a enlevé presque tous les autres. Je me flatte encore de le retrouver à Dijon avec vous, si ma santé me permet de

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faire ce voyage. Adieu, Monsieur, recevez les tendres reiiiercieniens de

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Je suis fort en peine de M. le maréchal de Richelieu : j'ai bien peur qu'il ne trouve des vaisseaux anglais dans son chemin avant d'arriver à Minorque 5 mais s'il peut ou les devancer ou les battre , il prendra Port-Mahon , il vengera laFrance et reviendra comblé de gloire. Adieu, Monsieur , je vous réitère mes remerciemens et les tendres sentimens avec lesquels je serai toute ma vie,

Yotre très humble et très obéissant serviteur,

Ce post-scriptum seulement a été pnLlié par M. Beiichot , n<* 2^48 de la Conesponda/ice générale. J'igiiOre coininent ce fragment était parvenu entre ses mains séparément de la lettre qui précède.

YIII.

Aux Délices , 21 juillet 1756.

Je ne suis qu'un petit prophète, Monsieur; et vous êtes un wixipo'éie , czil mens divinior atque os r?iagna sonaturum. Il laut avouer que M. le maréchal de Richelieu doit être plus flatté

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de vos éloges que de ceux d'un liomme qu'on pourrait regarder comme séduit par un allacliement de tant d'années.

Je crois que M. de la Marche ferait mieux de venir à Genève, au temple d'Esculape, que d'aller dans ses terres de Bresse; si quelqu'un dans le monde est capable de le guérir , c'est M. Trouchin. Ses amis devraient l'engager à prendre ce parti. H y a moins loin de ses terres à Genève qu'en Languedoc^.

Il est bien triste de voir un homme aussi estimable dans un si triste état. Adieu, Monsieur, les malades comme moi écrivent peu 5 mais vous ne doutiez pas des sentimens qui m'attachent à vous. Ils sont si vrais que j'ose supprimer les

cérémonies.

Aux Céliccs, 12 septembre*

J'écris quand je peux, mon cher monsieur; je dérobe ce petit moment à mesallarmeset âmes

* M. de la Marclio était allé consulter la Faculté Je Montpellier.

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souffrances pour vous remercier de voire souvenir. J'ai chez moi une nièce qui a élé longtemps enlre la vie el la mort ^ . Je ne suis guère mieux. Ainsi tenez-moi compte avec voire boulé ordinaire de mon triste laconisme. J'avais couseiilé à M. de la Marche, de venir voir Tronchin , quoique Tronchin ne me guérisse pas.

J'ai pour voisin le président de Brosses^; c'est un homme qui paraît 1res instruit. Mais je ne peux profiler d'un si bon voisinage. Je peux à peine vous mander que je vous suis lendremenl attaché.

Le malade, Y.

■ M™e Je Fontaine, sœur cadette de M'"« Denis et de l'abbé Mignot , fille d'une sœur de Voltaire.

* Ceci paraît marquer le commencement des rapports de Voltaire avec M. de Brosses. Ils sont plus caractérisés dans une lettre de ce dernier à M. de Ruffey en date du j4 octobre i 756.

fc Je n'ai guères pu profiter, écrivait- il, de l'agréable ce voisinage de Voltaire , n'ayant passé qu'une soirée à ce mon aise avec lui , Troncbin , Jalabert et d'Alembert , « l'encyclopédiste, qui s'y trouva. Nous nous ajournâmes « à un grand dîner pour le surlendemain. Mais , l'une ce de ses nièces étant tombée malade à l'extrémité , la « partie ne put avoir lieu. Elle a toujours été fort mal , « de sorte que je n'ai vu l'oncle que deux autres fois « depuis, et assez succinctement. 33

A M, DE RUFFEY. '6 1 J

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A Mourion près de Lausanne, 6 février 1757.

Il y a quelques jours, Monsieur, que j^ai fait partir à voire adresse, parPontarlier, uii paquet dequelqvies livresqui sontaucoche ou à la messagerie, etqui vous seront rendus à votre premier ordre , en casque quelque niéprisQ,dans l'adresse n*ait pas permis qu'on les portât chez vous. Si vous jetiez les yeux sur cette histoire, vous n'y trouverez rien de plus fou et de plus atroce que ce qui se passe aujourd'hui dans Paris ^ . Voilà la suite du Jansénisme et du Molinisnie et des querelles des prêtres. Il y a en France deux nations : celle des honnêtes gens et celle des sauvages. C'est le pays des contrastes. J'ai hien fait de choisir le pays de runiformité. Si j'avais de la santé, je serais heureux et je vous écrirais de plus longues lettres. Comment va M. le Premier P*^ de la Marche? Comptez que personne ne vous est plus attaché que le Suisse

* L'assassinat de Louis XV par Damiens , le 4 j^'^'' ▼ier 17 5y.

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De Lausanne, le 12 janvier 17.58,

Voire souvenir, Monsieur, m*esl bien sensible, et\oiis devez penser que j'applaudis de tout mon cœur au parti que vous avez pris d'élre entièrement libre*. Si jamais il vous prend fantaisie d'user de cette liberté pour venir voir nos cantons, je tàeberai devons recevoir un peu mieux qne je n'ai fait à Colniar. J'ai une maison assez agréable à Lausanne ; j'y vois de mon lit ce beau lac, qui baigne cent jardins au dessous de ma terrasse , qui forixie à droite et à gauche un canal de douze lieues, une mer tranquille vis-à-vis de mes fenêtres , et qui arrose les campagnes de la Savoye, couronnées des Alpes dans le lointain. JLe Grand-Turc n'a pas une plus belle vue; mais le Grand-Turc est jeune, vigoureux et a autant

* M. de Ruffey venait de résigner sa présidence à la Chambre des comptes dont il demeura Président honoraire.

A M. DE RUIFLY. Sip

(Je filles qu'il veut. Saus ce polit avaulngc, jo ne lui envierais rien. Je [)asse Thiver à Lausanne, nous y jouons la comédie et quelquefois assez Lien. Ensuite nous allons passer la belle saison dans raulre heriuitage des Délices, où nous trouvons la irouppe de Lcmoine. Le petit lierniitage des Délices ^ me plaît encore plus que Lausanne. Le paysage est moins vaste, mais beaucoup plus pittoresque. Quelques livres dans ces deux retraites, quelques bouteilles de vin de M.Lebault, votre compatriote, et de tem|)s en temps bonne compagnie, voilà de quoi ne pas regretter Paris.

Omitto mirari beatae Fumiim et opes strepitumque Romae.

Ces retraites surtout conviennent à un malade qui ne peut guère sortir de chez lui. Si j^avais de la santé, je viendrais vous voir à Dijon^. Mais vous qui vous portez bien , vous devriez bien

■ La maison que Voltaire intitula les Délices est à peu de distance de la chute de l'Arve dans le Rhône.

* Pure coquetterie. Voltaire laissa espérer sa visite à M. de Ruffey jusqu'en 177H, où il traversa Dijon , sans s'y arrêter, en allant jouir à Paris des honneurs du triomphe.

SlO I.LTTRES DE VOLTAIRE

venir faire nn pèlerinage chez nos bons Suisses.

Adieu , Monsieur ; il n'y a poinl de Suisse qui

vous soit plus sincèienient attachéque riiermiio,

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