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Qiioyque je sente parfaittement , mon cker Présldenf, ùue ce n*'est qu'à vous que je dois l'honneur d'ctre Bourfi;tiignon , cependant je crois de mon devoir de remerciei* l'Académie , et encore plus de mon devoir de faire passer le reinerciment par vos mains. Vous avez , je crois,
* Publiée eu 1819 par feu Girault. Réimprimée sous le n^SjSS par M. Beuchot.
* Celle d'accepter une place à l'Académie de Dijon.
* Ce ^2i(\ViQiQ0Tiieïi.diil l^Épitresur rjgricuUure, etc.
A 31. DE RUrrEY. 353
un confrère infiniment aimable : c'est M. de Quintin ' ; non-seulement il m'écrit des lettres charmantes, mais je luv av obligation. Il mérite bien mes remerciments aiitant que l'Académie. Vous voylà chargé de mareconnaissancej j'en aurai bien davantage si vous venez dans mes cabannes : M. de la Marche me le fait espérer. Je suis bien malingre 5 mais je tâcherai de vivre jusqu'au mois de septembre pour vous recevoir. Vous savez peut-être que j''ayd«s procès pour le sacré et pour le profane '^ . Puisque je suis en train de m'adresser à vos bontés, souffrez encoi^ que je mette dans ce paquet une lettre pour mon avocat, M. Arnoiilt, qui me parait homme d'esprit. Mille pardons et mille remercimens.
9 juin *, h Fernoy.
^ Louis Quarrc de Quiiifin , nomrae procureur général au Par- Jement de Bourgogne en survivance de son père, le i3 avril ry-s^^ l'un des directeurs de l'Académie de Dijon le 3i juillet 1762, procureur g«nieral démissionnaire en 1765, mort a Dijon le 4 j'ullet Î768. C'est un des corre.>;pondans auxquels le président de Brosses adressa ses Lettres sur l'Italie. Yen Giranlt , dans une note répétée par M. Beuchot, confond ce magistrat avec François Quarré de Quintin son père, reçu avocat-général le 2 janvier 1698, et procureur général le 18 mars 1709.
^ Le procès pour le sacré avait trait aux irrégidarités canoniques reprochées à Voltaire à l'occasion de la reconstruction d'une église à Ferney. — Celui pour le profane était tout-à-fait étranger au président de Brosses , quoi qu'eu ait dit Girault, copié à tort ici par M. Beuchot. Il était relatif k un droit de passage prétendu par un sieur Mallet à travers les jardins de Voltaire h Ferney. — -
Voir sur ce?, deux points la lettre de Voltaire à l'avocat Arnoult
C 9 juin 1761. — Beuchot, n" 3334).
XXVIÎL
J'ai reçu, mon cher Président, voire belle épîlre morale. Je vous dirai d'abord qu'il n'est point vrai que l'abbé d'Olivet ait quitté l'Académie française , ni qu'on l'ait appelle maraut ^ . Ce mot entre bien dans notre diclionaire, mais non pas dans nos séances.
L'affaire de mon éj^lise de Ferney est plus sérieuse, car elle me ruine. Je me suis avisé de faire un portail d'une pierre aussi cbère que le marbre et plus difficile à tailler. L'official et le promoteur sont encore plus durs que cette pierre. Au lieu de me remercier et de m'encouraf^er, ils ont commencé un procès avec autant d'ingratitude que d'impertinence. J'ai même des preuves ou du moins des semi^ preuves qu'ils ont snborné des témoins. Mais je n'ai certainement rien à craindre, puisqu'un homme tel que M. de Quintin est procureur général de Bouigogne.
' Sur la foi de Micliault le bibliographe , M. de Ruffey avait mandé à Voltaire que Duclos avait traité de maraud l'abbé d'Olivet en pleine Académie.
A M. DE RUFFEY. 355
i^ Je n'ai rien fait que de concert avec mon curé et lesliabitans, ayant préalablement Tagrémenl de Tévèque, il v a pins d'un an.
2^ Si on avait manqué à quelques fornialilés (ce que je ne crois pas), c'était au promoteur et à l'ofticial à en avertir amiahlement. Ils ont manqué au devoir de l'honnêteté et au devoir de leur place.
3^ Le prétendu officiai a inslrumenlé sans l'intervendon du juge séculier, ce qui est nu attentat contre les lois.
4^ Il n'est pas plus officiai, et le promoteur n'est pas plus promoteur que vous et moi. Il estdeffendu par les canons et par l'ordonnance du Roi , de 1627, ^^^^' ^4? qu'un curé fasse les fonctions d' officiai ou de promoteur, La raison en est bien sensible : il serait alors ie juge de lui-même. Tout est donc irréguljer et répréliensible dans les procédés et procédures de ces Allobroges.
6*^ Toute cette affiûre n'est que la suite des animosités qui ont divisé la province au sujet de l'assassinat dont un curé du pavs a été accusé. Je crois qu'à la fin le Parlement sera forcé d'envoyer des commissaires dans nos montagnes , au fin fond de la barbarie.
Yenez me voir avec M. de La Marche 5 il y
o56 LETTRES DE VOLTAIRE
aura toujours une messe pour lui ^ , soit que mou église soit bâtie ou non. Mes respects à madame de Ruffey. Nous aurons de quoi la loger si elle veut cire du voyage.
Je vous parlerai ^ dans quelque temps d'une entreprise où il s'agit de l'honneur de la nalioQ ^ et point du tout des barbares du pays de Gex. Vale, Y.
J'ai pris la liberté d'envoyer des paquets sous l'enveloppe de M. de Yarenne : le permet-il?
Aux Délices, 24 juia*.
* L'ancien premier président de la Marche était fort attaché à la Religion. ( V^. p. 297, note 1 . ) 11 a laissé en portefeuille une réfutation de V Emile. Voltaire se plaint quelque part à d'Argental des préjugés de bonne femme que conserve leur ami commun auquel il reconnaît toutefois w«e belle anie. (Lettre du 14 septembre 1761. )
* Cet alinéa et le suivant sont seuls de la main de Voltaire j le surplus de la lettre n'est point autooraphe.
^ L'édition de Corneille.
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Aoust 1761
Tenez, Messieurs ^ , JiuTnîles liabitare casas. Vous connaissez la Faucille. Dès qu'on la descend, on voit ma chaumière de Fernexj c'est là que je vous attends avec le lait de mes vaches et les poulets de ma hassecour,
Coricium videte senem , cui pauca beati Jugera sunt.
Venez 5 si vous aimez tant les jesuittes, il y en a six à ma porte. Pour des jansénistes, nous n'en avons point 5 nous n'avons que des pauvres. Nous n'en avons pas même assez, car nous manquons d'hommes.
Je vous attends avec la plus tendre impatience ^.
* MM. l'ancien premier président de la Marche (Claude-Philippe Fyot) 5 condisciple de Yoltaire , et le président de Ruffey.
* MM. de la Marche et de Ruffey arrivèrent à Ferney dans les premiers jours de septembre (lettre àd'Ar|;,ental du 5 de ce mois).
C'est dans ce voyage que M. de la Marche décida