‹ Voltaire et le président de BrossesChapitre 29 sur 44 · XXX · texte numérisé non relu

XXX

Ferney, 22 mars 1762.

Baiicoup de comédies à jouer et à faire , Corneille à connu en 1er ^ mes terres à labourer,

Voltaire à ne pas donner sa pièce du Droit du Seigneur sous le nom de Le Gouz, non qu'il y eût à Dijon un maître des comptes de ce nom , comme paraît le croire M. Beuclîot, mais parce qu'une pareille liberté pouvait fort bien déplaire à Legouz de Gerland et au président Legouz de St. -Seine dont M. de la Marche était procte parent (lettre à d'Argental du 7 septembre).

C'est également dans ce voyage que le président de Kuffey s'endormît à une lecture de Zulime (lettre à d'Argental , i4 septembre).

Enfin , c'est pendant ce même séjour du président de Ruffey que fut écrite la lettre de Voltaire à d'Olivet, rejetée à tort à la fin de septembre (no 3434 de l'édition de M. Beuchot).

Cette lettre en effet se termine par ces mots : « Le préce sident de Ruffey, qui est chez moi, vous fait ses comte plimens. » Or, le 3o septembre, M. de Ruffey n'était plus à Ferney , puisqu'on trouve sous cette date une lettre que Voltaire lui adressait à Dijon ( v. ci-dessus p. 1 Sç ).

* Entre cette lettre et la précédente devraient se placer quatre missives de Voltaire à M. de Ruffey ( 3o sep-

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etc., etc., m'ont empêché, mon cher Président, de vous remercier aussi vite qne je l'aurais voulu. M. de Virey n'est-il pas conseiller de votre Parlement non séant? N'es-ce pas luy qui est venu à Ferney un jour que nous avions trois cents spectateurs et soupeurs. Il arriva tout harassé au milieu de la cohue.

Moy aller à Paris ! Quelle idée î J'aj cherché le repos , je l'ai trouvé. Je ne le hasarderai pas^ et d'ailleurs pui-je (sic) m'absenter de ma chai ue et de Corneille ?

Vous m'avez fait présent d'un sac de navets dont je fais plus de cas que de tous les sacs de procèz qui pendent au croc des juges. Il me semble qu'on ménage votre Parlement plus qu'on n'a ménagé celuy de Besançon ^. Pour les frères jésuites, je crois qu'ils seront conservez et réformez, et en voicy la raison dans le papier honnête et modéré qui m'est venu de Paris.

teml)re,7 octobre , 4 iiovembre 1761 et 1 3 janvier 1762), Comme elles jetaient du jour sur les démêlés de Voltaire et du Président de Brosses, elles ont été imprimées cidessus j pp. i39 5 146 , 170 et 186.

* Quatre membres de ce Parlement avaient été emprisonnés, et trente avaient subi un exil de deux ans et

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Je VOUS embrasse lendrement 5 je vous aime et regrelte.

18 avril.

Ce n'est pas fatii^jue de plaisir rpii m'a rendu paresseux avec vous, mon cher Président. C'est pour moy un très-grand plaisir de vous écrire. Mais au milieu des fêles , je ne dis pas des fêles de Pasques, je dis de celles que je donne à Ferney au milieu des spectacles dont le Kaia est venu faire l'ornement, j'ay été Irès-malade et je le suis encore. Pour vous, étes-vous à Dijon ou dans vos terres ? Aidez- vous votre ami, M. de La Marche, à terminer les tracasseries parlementaires ? Voylà donc un conseiller à la Baslille ^ . Vous m'avouerez que ma vie est

dix mois pour une opposition identique dans sa cause avec celle du Parlement de Dijon dans l'affaire Yarenne. Mais l'appui de Malesherbes et de la Cour des aides de Paris fit triompher le Parlement de Bourgogne du ministère.

* M. Joly de Bévy , éditeur des œuvres de jurisprudence du P. Bouhier, el président lui-même au Parlement de Dijon le i3 février iy/jj mort en 1821.

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un peu plus agréable. Yolre Académie me paraît plus tranquille que votre Parlement : je vous remercie de vos beaux discours. Je m'é- Tonne que vous ayez fait étudier vos enfants à Paris plustôt qu'à Dijon. Ya-t-il une meilleure éducation que celle qu'ils pourraient recevoir auprès de vous? De mon temps, on n'apprenait que des sottises au collège, dit de Louisle-Grand. Les jésuittes seront bientôt réduits à la Lorraine (comme ils le furent après l'aventure de Jean Chalel); ils applaudiront à la belle traduction de la Bible en vers polonais, dont le Roy Stanislas a fait présent à M. le P. P. de La Marche. Enlend-il le polonais assez pour sentir la beauté des vers ? En tout cas c'est, comme vous savez, un bon livre de bibliotèque, un magnifique présent. Je ne vous envoyé point de livres; mais voicy une gazette qui m^a paru curieuse. Gardez le secret à ma lettre et à ma gazette, et aimez le malade.

LETTRES DE VOLTAIP..E

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