XLIV
A Ferney, 8^ auguste 1766»
Votre vigne et votre laurier sont très-ingénieux * , mon cher Président. Votre Académie devient de jour en jour plus brillante. 11 faut espérer que ces établissemens feront beaucoup de bien aux provinces ^ ils accoutumeront les hommes à penser et à sacrifier les préjugés aux vérités. Les jeux floraux n'ont guère contribué qu'à perpétuer dans Toulouse le mauvais goût; mais des prix donnés à des recherches utiles sont un véritable encouragement pour l'esprit humain.
11 y a dans le Recueil de l'Académie des belles-lettres de Paris des Mémoires qu'on cite dans toute l'Europe ; mais tous les complimens faits à TAcadémie Française sont oubliés , et c'est bien ce qui peut leur arriver de plus heureux.
Mon triste état augmente tous les jours; et ce n'est pas seulement parce que j'ai bientôt soixante et treize ans , c'est parce que je suis né extrêmement faible : Ipse fecit nos , et non ipsi nos.
Madame Denis , qui se porte bien , fera les honneurs à M. le Marquis de La Tour du Pin , et je serai aussi sensible à ses bontés que si j'étais dans la force de l'âge.
' Publiée par Girault en 1819, et réimprimée par M. Beuchot sous le n» 47^^-^'
^ Il s'agissait du dessin qui encadrait les diplômes de l'Académie de Dijou.
Je n'ai point entendu parler de mon contemporain M. de La Marche \
Je vous suplie de vouloir bien présenter mes respects à M. Legoùt. Conservez-moi surtout vos bontés.