‹ Voltaire et le président de BrossesChapitre 8 sur 44 · GAPITAIKE ET CHA.TELA1N ROYAL DU PAYSDEGEX · texte numérisé non relu

GAPITAIKE ET CHA.TELA1N ROYAL DU PAYSDEGEX

Novembre 1759.

J'ai écrit à M. de Voltaire , sur l'article des bois, une lettre très-polie, mais forte et précise, par laquelle je lui fais voir qu'afin de prévenir les difficultés qui ne manqueroient pas de naître à l'avenir sur l'état primitif des lieux, s'ils éloieut une fois dénaturés, il y a nécessité pour lui et pour moi de dresser dès aujourd'hui une reconnoissance en forme de l'état où éloit la foresl quand elle lui a été remise.

J'ai reçu de lui une lettre qu'il m'écrivoit de son propre mouvement elqui a croisé la mienne. 11 faut qu'il ait pris l'alarme sur la visite que vous avez été faire : car il s'étend beaucoup sur

' Grand-oncle de M. Girod (de l'Ain), pair de France, ancien ministre de l'instruction publique. La charge de châtelain royal avait de l'analogie avec celle de juge de paix. Mais , comme les baillifs royaux , le châtelain connaissait en outre de la convocation du ban, des fortifications, de la petite voirie , etc.

ce qu'on veut lui susciter des affaires et sur rexcellente culture qu'il ordonne, ayant, ditil, dans les six premiers mois de sa jouissance, mis plus de i5ooo liv. en réparations, tant dans la maison qu'à faire ôter des pierres des terres labourables. Je crois qu'il y auroit beaucoup à décompter sur une si grosse somme , et qu'à peine peut-être y trouveroit-on le dixième en utilités réelles^

Au reste il convient que son théâtre ne me sert à rien et qu'il fait arracher les arbres de la forest. Ainsi sa lettre ne change rien à une précaution toujours usitée en pareil cas , et nécessaire pour tous deux.

Yous comprenez combien il est essentiel que tout ceci soit fait en règle et qu'on n'y perde point de temps, par les raisons que vous m'avez dites vous-même*

Je désire que ceci se puisse faire d'accord et de bonne grâce avec M. de V. : il faudra lui demander son temps et son jour. Mon intention n'est point du tout de l'inquietter; il est fort le maître de faire ce qui lui plaira. Mais comme il va souvent fori vile, il est juste que les choses ne puissent être dégradées sans retour.

Par parenthèse y dites-moi , je vous prie ^ s'il a payé à Chariot les moules de bois

ET DU PRÉSIDENT DE BROSSES. Sj

qu^ il me donna la commission^ lorsque j'élois là-bas y de lui faire fournir par ce pauvre diable qui certainement ne peut ni ne doit en être le payeur^ . Au reste je crois que vous avez fini le compte avec Chariot pour la vente de Lois qui lui a été faîte de mon temps,

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