‹ Voltaire et RousseauChapitre 4 sur 5 · LA MULE DU PAPE · texte numérisé non relu

LA MULE DU PAPE

Itères très cher-, ou lit dans saint Mathieu Qu'uD jour Je diable emporta le bon Dieu Sur la montagne, et puis, lui dit : Beau sire, Yois-tu ces mers, vois-tu ce vaste empire, L'Etat romain, de l'un à l'autre bout?

L'autre reprit : Je ne vois rien du tout. Votre moutague en vain serait plus haute. Le diable dit : Mon ami, c'est ta faute. Mais avec moi veux-tu faire un marché?

Oui-dà, dit Dieu, pourvu que, sans poché, Honnêtement nous arrangions la chose.

Or, voici donc ce que je te propose.

Reprit batan : Tout le mon, le est à moi, Depuis Adam j'en ai la jouissance; .ie me démets, et tout sera pour toi Si tu me veux faire la révérence.

Notre Seigneur, ayant un peu rêvé, Dit au démon que, quoiqu'en apparence Avantageux le marché fût trouvé, 11 ne pouvait le faire en ( onscience, Car il avait appris, dans son enfance, Ou'étant si riche on fait mal son salut.

lu leuipà fiprès, notre ami iJelzôbut Alla liane Rome. Or, c'était rh.niraax âge Oïl Rouie avait fourmilière d'élus.

Le i;ape était un pauvre personnage, Pasteur de £ï<?nà, évéqne, et rien d^; plus. L'Esprit malin s'en va droit au saint-î-.Vie ^ Dans son t.iudis l'aborde, et lai dit : Frère, Je te ferni, si tu veux, grand seigneur. A ce seul mot, rultrannintain poniife Tombf à .-es pieJs et lui baise la gritfe. Le farfadet, d'un air de sénateur.

Lui rnet au clifef une triple couronuc : Prenez, dit-il, ce que Satan vous don'ie ; Servez-le bien, vous aurez sa faveur.

0 papegots! voilà la belle source

De tous' vos biens, comme savez. Et pour ce

Que le saint-père avait en ce tracas

Baisé l'ererot de raesser Satanas,

Ce fut, depuis, chose à Rome ordinaire

Que Ton baisit la mr.le du foint-père.

Ainsi i'ofil dit les malins hn.iuenots.

Qui eu papisme ont blasoané Pliistoire;

Mais ces gen.--là sentent bien les fagots,

Et, grâce au ciel, je suis ioiu de les croire.

Que s*^il advient que ces petits vers-ci Tombent es mains de quelque galant homau C'est bien raison qu'il ait quelque souci De les cacher s'il fait vovage à Rome.

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