ADalembert, tome IX, p
«et que, sij'ai parlé sur cet article avec la modestie con- « venable, c'est parce que cette même place a été occupée «autrefois par les Montmorency et par les Châtillon '?» '.( Voltaire n'était pas fait, on le voit, pour chercher dans une révolution politique et sociale le salut du peuple ^... »
La révolution devenant le salut, voilà bien le paradoxe poussé à sapins haute forC'j; mais passons et venons à VoltaiJ'e devant les prêtres.
«Ébranler l'empire des prêtres, — dit M. L. Blanc ^, — on ne le pouvait pas sans séparer leur cause de celle des rois. C'est à quoi Voltaire était naturellement porté, et ce fut le premier moyen qu'il employa... D'un autre côté, Voltaire s'étudiait à bien établir que les philosophes étaient les alliés naturels des rois. Lui qui osait tout contre les puissances sacerdotales, il n'avait pas assez d'indignation contre le tniséi'able assez fou pour faire un libelle contre un roi... Ce désir de sceller entre la philosophie et la royauté une étroite et durable alliance était si vif chez Voltaire qu'on en retrouve à chaque instant l'expression sous sa plume : « Pour être bon « chrétien, il faut respecter, aimer, servir son prince *.»
« Les philosophes servent Dieu et le roi ^.
« Les philosophes ne demandent que la tranquillité, « et il n'y a pas un théologien qui ne voulût être le maître « de l'État ^ »
« Ainsi, — et ce passage, aveu précieux à recueillir, mérite d'être médité, — ainsi, à l'exemple de Luther,