L. Blanc, p
lement reçues de son temps le parti pris qui dicta au citoyen de Genève tant d'idées paradoxales, ^u nom de l'avenir et du succès de ses idées, Rousseau ne. pouvait faire autrement que de nier le progrès.
« Jean-Jacques attaqua donc la philosophie de son siècle, mais au nom de l'avenir. Et ce n'était point là une médiocre entreprise. Car les philosophes formaient une ligue redoutable, le rationalisme ne les divisant que lorsqu'il s'agissait (raffi}'mer et leur servant de lien pour nier et détruire. Us gouvernaient, d'ailleurs, l'opinion ; ils la gouvernaient souverainement par les livres, par le théâtre, par la poésie...
« Il fallait décrier leur grand moyen d'action, la science et les belles-lettres. Rousseau l'essaya, et son ipremier Biscoui's * décida de sa vie... Le trouble et l'étonnement furent extrêmes dans la république des lettres : c'est ce que Rousseau avait espéré. Au fond, l'anathème dont il frappait les sciences et les arts ne pouvait être, dans son intention, qu'une tactique audacieuse et éclatante. Il redoubla dans sa Lettre à d'Alembert sur les spectacles. Alors les esprits s'agitèrent autour de ces paradoxes inattendus; les philosophes sentirent bien qu'on les venait provoquer jusque dans le centre de leur' empire, et ils se préparèrent à accabler Rousseau de leur vengeance. La guerre était déclarée... // devait être le ])récurseur du socialisme moderne : ce fut son malheur et sa gloire ^ . » l\
Après cette appréciation dont on ne peut nier la vérité, M. Louis Rlanc, s'exaltant dans le panégyrique du citoyen de Genève, établit un parallèle entre le misanthrope de