‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 121 sur 154 · L. Blanc, p. 398 et · texte numérisé non relu

L. Blanc, p. 398 et

i88 VOLTAIRE ET ROUSSEAU

Molière et Rousseau et s'écrie : « Le misanthrope de Molière, au xwii*^ siècle, ce fut Rousseau, Rousseau en qui la haine n'était que de F amour aigri, que de la tendresse effarouchée ^... »

Mais où M. Louis Blanc atteint au paroxysme de l'admiration pour Rousseau, c'est quand — après avoir incarné le citoyen de Genève dans le misanthrope, — il le réincarne dans le vicaire savoyard lui-même.

« Rousseau prêtait à l'homme de paix un langage où l'onction chrétienne de Jean Huss se retrouvait dans l'éloquence grave de Platon... Voilà le bon trétre, voilà Jean-Jacques. Sa mission, dans une société qui allait se décomposant, fut d'opposer au culte exagéré de la raison, qui détruit les groupes, le culte du sentiment, qui les forme et les conserve...

« Tels furent les efforts de Rousseau, telle fut sa mis- '^sion philosophique. Mais il n'était, dans son siècle, que le représentant de la seconde moitié du nôtre. On lut avidement et l'on vanta ses livres, on refusa de suivre sa trace... Mais Jean-Jacques ne remporta pas d'autres victoires, jusqu'au moment ou ses ouvrages partaient sur la table du Comité de salut public -, »

Après Rousseau, nous voici revenus ou plutôt ramenés à Voltaire, — question de parallèle. « Quelle autre destinée que celle de Voltaire, soutenu et porté par le grand courant du xviii* siècle ! Voltaire est absent, et il remplit la France... et il semble qu'on n'entende plus dans son siècle que le long et formidable éclat de rire dont il a donné le signal... On n'attend pas de nous, ici, l'énumération de tant d'écrits lumineux que la bourgeoisie sait

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