Jhid., p
ot ses vices, je ne sais s'il en est une plus digne des larmes et de la reconnaissance de la postérité *. »
Dans son Cours de littérature française ^, M. Villemain — sortant de son programme, et il ne pouvait pas faire autrement — a consacré à Voltaire et à Rousseau (surtout à Rousseau) quelques pages remarquables où, en dépit de l'admiration pour ces deux hommes au point de vue littéraire, se font jour des aperçus très-vrais sur leur rôle philosophique et politique.
(( Je ne veux ni l'admirer {Rousseau) par tradition , ni le blâmer par convenance , mais, si je puis, l'expliquer et le juger... Sous le beau langage de Rousseau perce une rancune démocratique qui s'en prend à la philosophie comme aux abus, aux lettrés comme aux grands seigneurs et frappe les premiers pour mieux atteindre les seconds... Sa révolte fit en partie son génie...
(( De son discours De l'origine et des causes de rinégalité parmi les hommes, sombre et véhément, plein de raisonnements spécieux et d'exagérations passionnées, il sortit quelques axiomes qui, répétés de bouche en bouche, devaient retentir un jour dans nos assemblées nationales, pour inspirer ou justifier à leurs propres yeux les plus hardis niveleurs, les ennemis de toute hiérarchie, depuis le droit arbitraire du rang jusqu'au droit inviolable de \q. propriété...
« On ne sait si c'est audace ou artifice ; mais, au lieu de toucher la vraie question qu'offrait le xviii" siècle, il cache sous une négation de toute société le besoin dei réformer la constitution sociale de la France. De là cet! éloge de la vie sauvage... Prétendre que c'était là pour Thomme un état vraiment humain et que depuis cette