‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 128 sur 154 · A Panckoucke, l^i- février · texte numérisé non relu

A Panckoucke, l^i- février

pas martyrs, » dit-il, à ce sujet, à Saurin • et à d'Argental '. « Les personnes avec lesquelles vous vivez en intimité croiront ce qu'elles voudront ; ]g suis bien sûr qu'elles ne me feront pas de mal ; mais les autres peuvent en faire beaucoup. »

On ne peut mieux s'avouer l'auteur de ces livres qu'en ne s'inquiétant pas de laisser croire à ses complices ce quils voudront.

Et pour mieux masquer encore sa paternité, notamment à l'égard de l'borrible roman de Candide^, il dit à M™® du DefTand * : « Je déteste les romans qui supposent que nous sommes dans le meilleur des mondes possibles. »

Ne croirait-on pas entendre Tartufe :

Laurent, serrez ma haîre avec ma discipline,

lorsque Voltaire écrit ceci : « Mes chagrins redoublent parla quantité incroyable d'écrits contre la religion chrétienne, qui se succèdent aussi rapidement... On a la barbarie de m'imputer, à mon âge, une partie de cesextra- .vagances...

« Tandis que je bâtis une église où le service divin se fait avec autant d'édification qu'en aucun lieu du monde ; tandis que ma maison est réglée comme un couvent et que les pauvres y sont plus soulagés qu'en aucun couvent que ce puisse être... on me fait auteur de cent brochures, dont quelquefois je n'ai pas la moindre connaissance...

« Il est certain qu'on ne peut opposer au torrent qui se déborde d'autre digue que la modération et une vie exemplaire. Pour moi... je me jette entre les bras de

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